‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 137 sur 344 · Mortuologe des Récollets · texte numérisé non relu

Mortuologe des Récollets

Champlain avait consacré une bonne partie de son temps à ménager à la colonie l’amitié des Sauvages, il s’était appliqué à leur persuader de se fixer autant que possible auprès des Français, de confier leurs enfants aux Récollets pour les faire instruire. De la sorte, Champlain voulait d’une part amener ces peuples à la vérité ; c’était là un de ses grands désirs ; d’autre part, rendre plus sûres et plus faciles les découvertes, et plus fructueux le commerce des pelleteries. Il cherchait même à établir la paix entre les Hurons et les Iroquois.

Ceux-ci, qu on n attendait pas du tout, faillirent ruiner l’œuvre de Champlain. Après l’attaque, dans laquelle le Père Poullain fut sur le point de périr au milieu des supplices, les Iroquois, qui avaient dressé cette embuscade, se réunirent à une autre bande des leurs beaucoup plus nombreuse et se dirigèrent vers Québec. La vue du fort cependant leur inspira de la crainte ; ils n’attaquèrent pas Quebec, mais se ruerent sur le couvent de IN otre-Dame-des- Anges. Nous savons qu’il était fortifié. Les ouvriers employés par les Récollets et les Sauvages alliés défendirent la place. Quelques-uns furent atteints par les flèches ennemies ; deux en moururent peu de jours après. Sept ou huit Iroquois furent tués. Deux Hurons furent pris “ auxquels, dit Leclercq, ils (les Iroquois) firent souffrir les plus cruels de tous les supplices, les faisant mourir à petit feu, les obligeant même à manger . de leur propre chair qui était plus que demi-cuite; ils achevèrent le reste de leur cruauté

NOUVEAUX MISSIONNAIRES

dans le bois voisin du couvent et se retirèrent ensuite sans nous avoir causé un grand échec. J’ai souvent ouï raconter cette aventure, ajoute Leclercq, par Madame Couillard qui était alors dans le fort et elle admira la protection toute visible de Dieu sur le Canada, étant certain que si ces barbares eussent connu leurs forces, ils auraient pu sans difficulté désoler entièrement la colonie1. ” Champlain était alors occupé à quelque découverte.

Au printemps de 1622, des pourparlers commencèrent entre Iroquois et Hurons ; ce qui parut de bon augure à Champlain. Mais la paix ne devait pas durer longtemps.

Sur ces entrefaites, la nouvelle de l’arrivée des vaisseaux de France parvint à Québec, le 8 juin, par Santein, un des commis de la nouvelle compagnie. Sur ces navires avaient pris place deux nouveaux missionnaires pour le Canada : les Pères Guillaume Galleran et Irénée Fiat, “ deux religieux d’un grand zèle2. ” Le second, ainsi que le remarque Leclercq, vivait encore en 1674. Il eut donc la joie de voir ses Frères reprendre au Canada en 1670, leur première mission. Il mourut “ chargé d’années et de mérites, en odeur de sainteté3, ” à Nevers, le 28 juin 1674. Il avait pris l’habit religieux dans le couvent des Récollets de cette ville, et y fit profession le 21 juin 1612. A Nevers encore, il fut ordonné prêtre. Dans sa Province il fut appelé aux charges de maître des novices, de supérieur et de

1. Leclercq, Premier établissement de lafoy, i, pp. 210, 211.

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