Mortuologe
Les deux nouveaux missionnaires, ayant reçu “ la bénédiction du Rév. Père Provincial, ” dit Sagard1, se dirigèrent vers “ Dieppe environ la mi-mai, où ils furent favorablement reçus dans les vaisseaux par le sieur Guillaume de Caen, général de la flotte, bien que de contraire religion, car au reste, il est homme poli, libéral et de bon entendement2 3 4. ” “ Les vaisseaux se trouvèrent en état
de partir au mois de mai 1622. Nos Pères s’y embarquèrent et levèrent l’ancre le 15 du dit mois ayant mené avec eux quelques Français pleins de piete qui voulurent bien les suivre'1. ” Ils prirent aussi avec eux le jeune Sauvage que le Père Le Baillif avait emmené en France. Ce Sauvage était encore païen. Durant la traversée, il tomba gra^ ement malade. Il eut des accès de fièvre qui lui enlevaient l’usage de sa raison ; mais ensuite la fièvre diminua ; le pauvre Sauvage retrouva ses sens et en même temps Dieu illumina son âme.
“ Le Père Irénée, qui avait pris soin de lui, l’oyait souvent plaindre la nuit et s’écrier en son patois français qu il écorchait au moins mal : moi pourquoi^ pas chrétien, moi pourquoi point baptisé. Il est à noter, qu’étant en France, il avait été souvent sollicité des Huguenots d’embrasser leur prétendue religion, ce qu’il ne voulut jamais faire, Dieu le réservant pour son Eglise et pour son palais céleste, où les hérétiques n’ont aucune part