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CHAPITRE XVIII

Tandis que le Père Galleran était retenu par ses charges à Notre-Dame-des- Anges, le Père Piat allait bientôt se livrer à l’œuvre extrêmement ingrate et fort pénible de l’évangélisation des Sauvages. Ses débuts lui réservèrent des surprises qui mirent à l’épreuve et son courage et son zèle.

Le Père Irénée Piat était un religieux vertueux et tout apostolique. Physiquement, il était dur à la peine et prêt aux souffrances corporelles inséparables de l’apostolat, surtout au Canada, à cette époque. Mais il avait un cœur extrêmement sensible. Cette sensibilité était le fruit non de la complexion et du tempérament mais de son amour pour Dieu. Leclercq le peint très bien en disant qu’il était “ passionné jusqu’à la jalousie de la gloire du Seigneur1. ”

Ne connaissant pas les usages et les mœurs des Sauvages, ignorant encore leur profonde insensibilité pour les choses de Dieu, les trouvant enclins et adonnés à de grossières superstitions, il souffrit

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