Leclercq, Premier établissement de lafoy, i. p
intérieurement un vrai martyre à son premier voyage chez les Montagnais. Au Père Leclercq, qu’il connut quelque temps avant sa mort, il fit un aveu qui achève de nous le faire connaître. Il lui dit : “ qu’il avait pensé mourir de regret en ce voyage, par ce seul endroit de leur insensibilité1. ” Aussi le même historien nous apprend-il que, durant son séjour chez les Montagnais, ce missionnaire, qui avait “ reçu de Dieu le don des larmes, gémissait et soupirait, employant ses prières ferventes et ses sacrifices pour obtenir de Dieu en faveur de ces barbares, ce qu’il ne pouvait faire par ses paroles. ” Mais les Sauvages ne comprenant pas les motifs de sa conduite, “ lui disaient qu'il n’avait point d’esprit ” de pleurer et gémir ainsi2 3.
Le Père Piat quitta Québec, pour sa mission, probablement en compagnie du sieur de Caen, le jeudi 25 août, d’après Champlain ; il assista à Tadoussac au départ des navires pour la France, le 5 septembre 1622'. Puis quand la neige eut fait son apparition, il se décida à suivre les Sauvages dans leurs courses à travers la forêt, dans le but d’apprendre leur langue et de profiter de toute occasion pour envoyer en paradis quelque petit Sauvage moribond, n’attendant qu’un peu d’eau régénératrice pour devenir un ange de D eu.
Il partit de Tadoussac le 13 décembre4, pour aller hiverner chez les Montagnais. “ Il contracta