Mortuologe des Récollets
du Séraphique Père, gravir les redoutables degrés du sacerdoce, et avait-il par humilité fait choix de cet état de simple Frère qui lui assurait tous les avantages de la vie religieuse sans les responsabilités du saint ministère ? Quoiqu’il en soit, nous savons que ses connaissances et sa capacité le firent appliquer par ses supérieurs à des emplois relevés. Quand Mr Houel demanda, au nom de Champlain, des missionnaires au Père Garnier de Chapouin, Provincial de Saint-Denis, Frère Sagard était au service de ce dernier. “ J’avais l’honneur pour lors, écrit-il, d’être son compagnon, et d’avoir part à ses soins, aussi me fit-il la faveur de m’en communiquer ses sentiments et la bonne volonté qu’il avait pour le service de Notre Seigneur en cette affaire1. ” Sagard nous apprend qu’il eût bien voulu alors être choisi pour aller implanter la foi catholique au Canada ; mais ses supérieurs en jugèrent autrement. Il ne laissa pas que d’étudier dans la suite les langues sauvages, en particulier le Montagnais. “ Dès la France, j’avais une grande inclination pour les langues sauvages, afin qu’en y profitant, je puisse après profiter aux âmes, et j’en avais déjà assemblé une quantité de mots, mais pour ne les savoir prononcer à la cadence du pays, à la première rencontre que je fis des Montagnais, pensant baragouiner, je demeurai muet et eux avec moi2. ”
Le Père Yiel et le Frère Sagard, avant de partir, firent visite au nonce du Pape à Paris. “ Munis