Sagard, Grand voyage du pays des Hurons, p
VIEL ET SAGARD
briel, qui nous dirent que le sieur de Caen n’était point encore arrivé ; (ce) qui nous mettait en peine1.”
C’est donc dans la vigile de la fête des princes des apôtres que ces deux nouveaux missionnaires arrivèrent au Canada. Le zèle est grand chez tous les deux, leur sort sera bien différent. Nous allons les voir se diriger, à la même date, vers le champs de leur apostolat. L’obéissance rappellera bientôt l’un d’eux en France pour en faire le premier historien de l’Église canadienne, elle y laissera l’autre pour en être le premier martyr.
Le Père Viel et le Frère Sagard entrèrent dans l’humble église de Québec et rendirent à Dieu des actions de grâces. Ils voulaient s’acheminer immédiatement vers Notre-Dame-des- Anges, mais Champlain les retint à coucher à l’habitation. Le lendemain matin un matelot les conduisit au monastère.
Le plaisir de se trouver avec des Frères connus, aimés, dont ils venaient partager les peines et les labeurs, leur fit oublier tous les maux d’un long et dangereux voyage. “ Mon Dieu, s’écrie Sagard, il est bien vrai, votre joug est doux et suave à ceux qui ont bonne volonté et n est pénible qu a ceux qui n’ont point d’affection pour votre service2.
A Notre-Dame-des- Anges “ nous trouvâmes tous nos religieux en très bonne santé, Dieu merci, lesquels très joyeux de notre avenue et nous au réciproque de leur bonne disposition, après 1 e Te Deum «et les actions de grâces accoutumées rendues à