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Sagard, Hist. du Canada, pp

VERS LE PAYS DES HURONS 239

tirent ce même jour, 16 juillet. “ Après avoir été rafraîchis par quelques jours avec nos Frères et joui de leur douce conversation dans notre petit couvent, nous montâmes avec les barques par le même fleuve Saint-Laurent, pour la traite du Cap de la Victoire, d’où il y a de Québec environ cinquante lieues. On nous sépara dès l’entrée (dès l’embarquement) chacun dans une barque particulière pour y contenir les matelots en leur devoir et prendre soin des prières qui se font soir et matin en tous les bords où les catholiques dominent1 2. ”

Un voyage dans le Saint-Laurent, en remontant de Québec, par une belle et douce journée de juillet, est une vraie jouissance. Sagard, devenu rêveur en présence des charmes de la contrée, voyait surgir ça et là des villes et des villages. Il ne pouvait sans doute, comme en 1615, le Père Jamet, se faire à l’idée qu’un tel pays fût sans habitants.

“ Nous passâmes aux Trois-Rivières que je contemplai curieusement pour être un séjour fort agréable et charmant. Les Français ont nommé ce lieu les Trois-Rivières, pour ce qu’il sort des terres une assez belle rivière qui se vient décharger dans le grand fleuve de Saint-Laurent par trois principales embouchures, causées par plusieurs petites îles qui se rencontrent à l’entrée de ce fleuve". ” D’après Leclercq, les Récollets mirent pied à terre aux Trois-Rivières. “ Notre missionnaire (probablement le Père Huet) les y reçut avec joie et les

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