‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 175 sur 344 · Champlain, Œuvres, pp · texte numérisé non relu

Champlain, Œuvres, pp

VERS LE PATS DES HURONS

Sagard raconte comment les trois missionnaires furent agréés des Sauvages et comment ceux-ci se chargèrent de les conduire dans leur pays. “ La traite étant finie et les Hurons prêts à partir, nous les abordâmes en la compagnie du sieur de Caen, général de la flotte, lequel nous fit accepter chacun pour un canot moyennant quelque petit présent de haches, de couteaux et canons ou petits tuyaux de verre qu’on leur donna pour notre dépense. Toute la difficulté fut de nous voir sans armes qu’ils eussent désirées en nous plutôt que toute autre chose, pour guerroyer leurs ennemis, mais comme les épées et les mousquets n’étaient pas de notre gibier, nous leur fîmes dire par le truchement que nos armes étaient spirituelles, avec lesquelles nous les instruirions et conserverions à l’encontre de leurs ennemis, moyennant la grâce de Dieu, et que s’ils suivaient nos conseils, les diables mêmes ne leur pourraient plus nuire : cette réponse les contenta fort et nous eurent dans une très haute estime, tenant à faveur de nous avoir, comme nous de les accompagner, et de servir en une si belle occasion1. ”

Après avoir affirmé que le voyage au pays des Hurons serait encore plus pénible que ne l’avait été celui de France au Canada, Sagard ajoute : “ Nous invoquâmes sur nous la grâce du Saint- Esprit, l’assistance de la Vierge et des saints ; puis, nous prîmes congé des chefs de la traite, et nous rendîmes avec nos petits paquets dans les cabanes

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