‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 183 sur 344 · Sagard, Hist. du Canada, p · texte numérisé non relu

Sagard, Hist. du Canada, p

vages firent passer Sagard le premier, comme étant moins prompt à la marche, afin qu’ ainsi il ne pût rester en arrière. Mais comme il était très facile de s’égarer dans ces bois où les chemins étaient à peine battus, il s’égara en effet, et se trouva toutà-coup bien seul dans un pays inconnu.

“ A la fin, après avoir bien marché. . ., Dieu me fit la grâce de me trouver un petit sentier que je suivi quelque temps, après quoi je rencontrai deux femmes huronnes, proche d’un chemin croisé, lesquelles s’arrêtèrent tout court pour me contempler ; de me parler, elles ne pouvaient, ni moi leur demander lequel des deux chemins je devais prendre pour aller au bourg que je prétendais, car je n’en savais pas même le nom, ni de quel côté étaient allés mes gens. . ., enfin inspiré de Dieu, je pris à main gauche, du côté de la mer douce, espérant d’y rencontrer sinon mes hommes ou mon village, du moins quelques pêcheurs pour me donner adresse. . . Je faisais déjà état de coucher seul dans la campagne et de vivre de feuilles et de racines, comme les anciens ermites, en attendant l’assistance de Dieu, duquel j’espérais être conservé de la main des Iroquois qui couraient pour lors les frontières, car ils m’eussent envoyé dans l’autre monde par le feu et les tourments1. ”

La perspective était peu rassurante. Sagard hâta le pas. Sans s’en douter, il avait pris le bon chemin. Les Hurons l’aperçurent et furent bien consoles, car ils étaient inquiets. Ils lui donnèrent

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