Ciiamplain, Œuvres , p
POUR DIEU, LES AMES, LA FRANCE
voyage des Hurons et Canadiens, non . . . pour y polir nos esprits et en devenir plus sages et considérables entre les hommes, mais pour, en secourant nos frères (les Sauvages) du Canada, y porter le flambeau de la connaissance du Fils de Dieu et en chasser les ténèbres de la barbarie et infidélité. . . Ça n’a donc pas été pour aucun autre intérêt que celui de Dieu et 1a. conversion des Sauvages que nous avons visité ces larges provinces1.”
Sagard, racontant l’offre des missions du Canada, faite au Provincial de Saint-Denys, écrit encore : “ s’adressant à un Père aussi zélé, ils (les associés) n’en pouvaient espérer que tout contentement, aussi en reçurent-ils les fruits qu’ils espéraient ; j’avais l’honneur pour lors d’être son compagnon et d’avoir part à ses soins, aussi me fit-il la faveur de m’en communiquer ses sentiments et la bonne volonté qu’il avait pour le service de Notre-Seigneur en cette affaire ; j’eusse bien désiré dès lors d’être de la partie, si ma bonne volonté et mon insuffisance eussent mérité cette grâce, mais il en fallait de meilleurs que moi et capables d’un plus grand service, et par ainsi il me fallut avoir patience jusqu’en un autre temps que Dieu couvrit d’un voile mes imperfections2. ”
Dieu, les âmes, la France, furent les grandes causes auxquelles se vouèrent les Récollets en ac-
1. Sagard, Histoire du Canada. Edition Tross, Paris, 1865, p. 1 à 6. C’est cette édition que nous citerons en nous servant de la pagination marginale.