Sagard. Hist. du Canada , p
ceptant les missions canadiennes, et qu’ils défendirent avec bravoure, persévérance et amour.
Pour Dieu, les âmes et la France, ils traverseront l’Océan immense, ils accepteront des privations sans nom ; ils se feront semblables en quelque sorte aux Sauvages des bois ; ils se livreront à l’étude ingrate de leurs langues, et malgré des oppositions aussi mesquines que contraires au bien de la patrie, ils parviendront à comprendre et à parler plusieurs de ces idiomes. Ils braveront les tourments les plus cruels, ils risqueront, ils sacrifieront leur vie.
Les associés ne seconderont pas comme ils le devront les efforts généreux des missionnaires ; presque chaque année quelqu’un de ceux-ci devra repasser la mer pour plaider avec Champlain la cause de Dieu, des âmes, de la France. Leur générosité et leur zèle se heurteront à l’avarice et à l’apathie des marchands ; jamais leur courage n’en sera abattu.
En 1615, peu après son arrivée au Canada, le Père Jamet affirmera n’avoir en vue “ que l’avancement de la gloire de Dieu et de la France. ” En 1620, ses sentiments n’auront pas changé. Il écrira que lui et ses confrères sont “ résolus de ne jamais abandonner le dit pays, mais d’y faire ce que nous pourrons pour le service de Dieu, du roi, du bien public1. ”
En 1621, l’un d’eux sera officiellement délégué par Champlain et les principaux habitants de Québec