Sagard, Hist. du Canada, p
AU PAYS DES HURONS
Auoindaon finit par demander à être baptisé. “ Mon neveu, dit-il un jour à Sagard, je veux donc être enfant de Dieu comme toi1. ” Malheureusement, il n’était pas encore parvenu à se défaire de certaines mauvaises habitudes auxquelles Sagard fit allusion en lui répondant : “ Tu n’en es point encore capable, ô mon oncle. Il faut encore un peu attendre que tu te sois corrigé ; car Dieu ne veut point d’enfant s’il ne renonce aux superstitions et qu’il ne se contente de sa propre femme, et si tu le fais, nous te baptiserons et après ta mort ton âme s’en ira bienheureuse avec lui en paradis2. ”
Sagard signale avec quelques détails un baptême d’adulte célébré durant son séjour chez les Hurons. Une femme du bourg Saint- Joseph était gravement malade depuis plusieurs jours ; elle ne pouvait rien manger et d’ailleurs n’en avait aucun goût, mais son esprit demeurait lucide. Elle demanda le baptême ; sa demande fut bien accueillie et, chose merveilleuse, à peine fut-elle baptisée que ses douleurs cessèrent pour plusieurs jours et l’appétit lui revint ; puis la maladie reprit son cours et la mena au tombeau.
“ Avant d’expirer, elle répétait souvent à son mari que lorsqu’on la baptisait, elle ressentait en son âme une si douce, si suave et agréable consolation, qu’elle ne pouvait s’empêcher d’avoir les yeux et la pensée continuellement élevés au ciel3. ”