Champlain, Œuvres, p
2. Champlain, Œuvres, p. 1069. Sagard, Hist. du Canada, pp. 39, 842.
notre considération, de beaucoup de vains discours ordinaires à gens de marine.
“ A l’issue des repas, si autre chose ne les occupait, les questions roulaient sur le tapis, ou plutôt sur le tillac, car les tapis n’ont pas là de lieu ; il fallait excuser le tout, car la paix n’en a jamais été interrompue, ni nos discours altérés, et (aussi) pour ce qu’en matière d’entretien, il se faut rendre capable de tout, ou fausser compagnie, et de demeurer muet il ne serait pas toujours possible, puisque l’homme est d’une telle nature, que s’il n’a sa consolation en Dieu, il la cherche aux créatures1. ”
Du Pontgravé, “ d’un naturel complaisant et jovial, ” dit Sagard, et qui “ avait toujours le petit mot en bouche pour rire, ” posa le premier une question et demanda l’origine du proverbe : L’Afrique n’apporte-t-elle rien de nouveau ? Un autre demanda qui avait inventé les courriers. Monsieur Goua voulut savoir : “ qui est celui
qu’on doit estimer sage ? ” Réponse : “ Celui
qui méprise les biens et les honneurs de ce monde pour servir Jésus-Christ.” Et c’est ainsi que les questions les plus diverses étaient posées et résolues.
On était arrivé près des côtes de France, quand le maître du navire, nous dirions le commissaire du bord aujourd’hui, interrogea Sagard sur l’Ordre franciscain. En réponse, Sagard fit un cours d’histoire franciscaine, qu’il termina en rappelant une belle parole du bienheureux Nicolas Factor, décédé depuis quelques années en Espagne, chez les Récollets : “Les Cordeliers et Observants sont saints,