‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 228 sur 344 · Champlain, Œuvres, p · texte numérisé non relu

Champlain, Œuvres, p

ressement et le patriotisme de bon aloi de Champlain et des premiers missionnaires prenaient le dessus et comme toujours devaient finir par s’imposer. Toutefois, reconnaissons-le aussi, les excellentes initiatives du nouveau vice-roi arrivaient un peu tard, les événements le prouveront ; et puis, elles laissaient subsister sans apparence de changement un des grands obstacles à leur réalisation : l’incurie des marchands.

Champlain, reconnu plus que jamais, par les plus hautes autorités, comme l’homme compétent entre tous pour guider vers le progrès la colonie, recevant une autorité de plus en plus grande, dut sentir en son cœur le doux espoir du succès. Cependant, il ne se rendit pas au Canada en cette année 1625, et il ne se trouva point à Québec où sa présence eût été, sans nul doute, très utile aux Jésuites.

Les cinq disciples de saint Ignace, que nous avons déjà nommés, s’étaient rendus à Dieppe, lieu de l’embarquement pour le Canada. Nous avons dit aussi que le Récollet Joseph de la Roche d’Aillon s’y trouva au même temps pour le même voyage. Pierre Antoine Pastedechouan, conduit en France par le Père Dolbeau, était aussi parmi les passagers. Ils prirent place ensemble le 24 avril 1625 dans le navire de Guillaume de Caen. Le 15 juin, ils arrivaient à Québec1. Ils avaient traversé “ ce grand océan, dit Sagard, sans aucun

1. P. de Rochemonteix, Les Jésuites et la Nouvelle-France au xviie siècle, i, p. 153.

ARRIVÉE DES JÉSUITES A QUÉBEC

péril1. ” Malheureusement, l’arrivée ne fut pas si heureuse pour les Jésuites. Des pamphlets contre eux se lisaient à Québec comme en France'2. “ Catholiques et protestants, également prévenus et excités, refusent de les recevoir3. ” “Les Révérends Pères Jésuites, écrit Sagard, n’étaient pas encore sortis des barques, qu’ils furent avertis qu’il n’y avait point d’ordre de les loger à Québec ni au fort et tellement éconduits qu’on parlait déjà de les repasser en France. Ce fut un mauvais salut pour eux et une fâcheuse attaque, capable d étonner des personnes moins constantes4. ”

“ Que seraient-ils devenus (les Jésuites), écrit le Père de Rochemonteix, sans la charité exquise des Récollets ?... Prévenus de l’accueil désagréable fait aux Jésuites, ils vont les chercher sur une chaloupe au milieu de la rade, les conduisent chez eux et mettent à leur disposition la moitié de leur couvent, de leur jardin et de leur enclos. Les fils de saint François et de saint Ignace vivront ainsi de longs mois sous le meme toit. Hospitalité \i aiment fraternelle, que la Compagnie de Jésus ne devait jamais oublier5. ” Il avait bien fallu d abord que

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