Sagard, Hist. du Canada, p
5. P. de Rochemonteix, Les Jésuites et la Nouvelle-France au : xvn' siècle, i, pp. 153, 154.
les Récollets prissent quelques mesures de prudence, pour ne pas perdre eux-mêmes l’estime des Français en voulant conserver à la colonie les vaillants missionnaires, qu’ils avaient appelés. Ils parvinrent à faire accepter à titre provisoire que les Jésuites pourraient se retirer à Notre-Damedes- Anges, en attendant “ qu’il plût au roi d’en ordonner autrement1. ” Cette formule très usitée alors, (elle existe encore sous d’autres termes), suspendait les hostilités ; et en attendant l’intervention du roi, qui n’arrivait pas toujours, on pouvait, de part et d’autre, se maintenir dans ses positions.
“ Cet accommodement étant fait, écrit Leclercq, le Père Commissaire (des Récollets) et ses religieux partirent avec la chaloupe du couvent pour aller à bord faire honneur aux Révérends Pères Jésuites et les conduire chez nous avec toute la joie qu’on peut juger, nos religieux voyant leurs souhaits accomplis par l’arrivée de ces Pères. Le Te Deum fut chanté en action de grâces, et on leur fit du reste l’accueil que l’état du pays et la sainte pauvreté pouvaient permettre. On leur offrit et ils agréèrent la moitié de notre couvent, du jardin et de notre enclos défriché où ils demeurèrent . . . vivant et travaillant avec nos Pères en parfaite intelligence, pendant que leurs affaires s’accommoderaient et s’avanceraient du côté de la France et dans le pays, pour un parfait établissement2. ”