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Leclercq, Premier établissement de lafoy, pp

ARRIVÉE DES JESUITES A QUEBEC

L’accueil fait aux Jésuites par les Récollets fut en effet plein de cordialité. Nous avons à ce sujet le témoignage du Père Charles Lalemant lui-même. Le 28 juillet 1625, par le retour en France des navires, il écrivit à Champlain et au Provincial des Récollets de Saint-Denis1. Au premier il dit : “ Nous voici, grâces à Dieu, dans le ressort de votre lieutenance, où nous sommes heureusement arrivés, après avoir eu une des belles traversées qu’on ait encore expérimentées. Monsieur le Général (Guillaume de Caen) après nous avoir déclaré qu’il lui était impossible de nous loger dans l’habitation ou dans le fort, et qu’il faudrait ou repasser en France, ou nous retirer chez les Récollets, nous a contraints d’accepter cette dernière offre. Les Pères nous ont reçus avec tant de charité qu’ils nous ont obligés pour un jamais. Notre Seigneur sera leur récompense ... ”

Au Père Provincial des Récollets, le Père Lalemant écrivit : “Ce serait être par trop méconnaissant de ne point écrire à votre Révérence pour la remercier de tant de lettres qui furent dernière-

1. P. de Rochemonteix, Les Jésuites et la Nouvelle-France au xviie siècle, i, p. 154, note 2, écrit que ces lettres furent adressées, “ l’une au Provincial des Récollets de la Province de Saint-Penys l’autre au Provincial des Récollets de Paris. ” Il renvoie à Leclercq, p. 314. Le Père de Rochemonteix a eu en cette occasion une distraction que nous ne comprenons pas. D’abord, ces deux Provinciaux n’en font qu’un, la Province de Saint-Denys ou de Pans, est une seule et même Province. Ensuite dans Leclercq, Premier établissement de la foy, i, pp. 312 à 316 inclusivement, aussi bien que dans Sagard, Hist. du Canada, pp. 868 a 870 inclusivement, la première lettre est bien adressée a Champlain et la seconde au Provincial de Saint-Denys ou de Paris.

ment écrites en notre faveur aux Pères qui sont ici en la Nouvelle-France, comme de la charité que nous avons reçue des Pères qui nous ont obligés pour un jamais. Je supplie notre bon Dieu qu’il soit la grande récompense et des uns et des autres. Pour mon particulier, j’écris à nos supérieurs que j’en ai un tel ressentiment1 que l’occasion ne se présentera point que je ne le fasse paraître, et les supplie, quoique d’ailleurs bien affectionnés, de témoigner à tout votre saint Ordre le même ressentiment. . . ”

Par cette deuxième lettre, le Père Lalemant nous apprend, en particulier, que les Récollets de France avaient eu soin de recommander par de nombreuses lettres les Pères Jésuites à leurs confrères de Québec.

Si la cordialité la plus franche présida à l’arrivée des Jésuites chez les Récollets, la charité la plus sincère les garda parfaitement unis. “ L’union, l’amitié, le désintéressement, la gloire de Dieu, la conversion des Sauvages et la propagation de la foi, faisaient l’âme de ces hommes apostoliques, et quoiqu’ils fussent d’un différent institut, il paraît par toute leur conduite qu’ils ont conservé toujours un même esprit, n’entreprenant rien que de concert, surtout dans ces premiers temps, faisant un cœur, une âme et pour ainsi dire une même mission2. ”

Ainsi réunis dans l’humble couvent "'de Notre-

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