‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 24 sur 344 · Sagard, Hist. du Canada, p · texte numérisé non relu

Sagard, Hist. du Canada, p

vous et qu 'après avoir vécu jusques à la mort dans

I observance de vos divins préceptes, elles puissent aller jouir de vous dans l’éternité1. ”

Quand on connaît un peu les difficultés qui entravèrent l’établissement de la foi au Canada, on est en droit de penser que l’ennemi de tout bien mit en action tous les moyens à sa disposition pour s’opposer à l’œuvre entreprise par les Récollets sur les bords du Saint- Laurent.

A côté des obstacles déjà très grands de la part des Sauvages, le démon se servit de l’indifférence des uns, de la mauvaise conduite des autres, de la cupidité de ceux-là même qui devaient par obligation soutenir l’œuvre de Dieu et de la France.

II se servit de 1 hostilité de plusieurs qui eurent trop souvent la part prépondérante dans les affaires du Canada, nous voulons dire les protestants. L’hérésie n’atteignit jamais en France la réalisation parfaite de ses visées perfides. Au Canada le même insuccès lui était réservé. Mais elle y fit sentir cependant sa funeste influence.

Le protestantisme, aidé par la cupidité des uns et l’indifférence d’un trop grand nombre, suscita aux missionnaires aussi bien qu’à Champlain des embarras sérieux, contrecarrant leurs nobles et saints projets ; les obligeant à employer un temps considérable à repasser les mers pour aller soutenir devant le roi la cause mal servie de Dieu, des âmes, de la France.

1. Sagard, Le Grand, Voyage du pays des livrons. Edition Trosa 1865, Pans, pp. v, vi, vu.

POUR DIEU, LES AMES, LA FRANCE

Les Récollets abandonnèrent-ils pour cela le champs de bataille ? Furent-ils seulement découragés ? Nullement, et ce que nous avons déjà dit suffit pour le prouver. Ils souffrirent, dans leurs âmes d’apôtres, d’amères tristesses, en face des obstacles apportés à la conversion et au salut de tant d’âmes ; ils cherchèrent à y porter remède, et en attendant demeurèrent à leur poste, fidèles toujours et quand même à la cause qu’ils défendaient.

Un jour vint même où, à bout de ressources matérielles mais non d’énergie, ils ne purent plus augmenter le nombre des combattants de la sainte cause ; se contentèrent-ils d’attendre des jours meilleurs, alors que la moisson levait un peu partout dans le trop vaste champ du Père de famille ? Non. Ils appelèrent d’autres ouvriers apostoliques, ils invitèrent les Jésuites a venir les aider, par leur concours personnel et materiel, a continuer 1 établissement de la foi sur les bords du Saint-Laurent. Et n’était-ce pas là encore une autre manière, et combien noble dans son désintéressement, de servir toujours les causes sacrées de Dieu, des âmes, de la France ?

Ajoutons enfin que les Récollets furent dignes de leur mission. Les premiers apôtres du Canada furent tous des religieux vertueux dans leur conduite, vaillants et intrépides dans les combats pour la gloire de Dieu, le salut des âmes, la prospérité

de la France en Amérique.

La première période de l’établissement de la foi au Canada s’étend de 1615 à 1629. Ouvrons les annales du temps. Consultons en particulier les

intéressantes relations de Champlain ; ni là ni ailleurs nous ne trouverons la mention de quelque forfaiture de la part de nos premiers missionnaires, mais par contre force éloges de leurs vertus, de leur capacité, de leur dévouement.

Et depuis lors, tous nos historiens, en des pages parfois trop brèves peut-être, ont reconnu les éminentes vertus de nos premiers missionnaires, les Récollets, et rendu hommage à leur zèle apostolique. Leur témoignage peut se résumer dans cette affirmation de l’historien de Champlain :

Fait digne d’être noté, c’est que les religieux Récollets qui se vouèrent aux missions canadiennes de 1615 à 1629, se firent toujours remarquer par l’éclat de leurs vertus et par un zèle inébranlable ; quelques-uns appartenaient à des familles distinguées par le sang et la fortune ; d’autres étaient doués de talents remarquables ; tous donnèrent des preuves non équivoques de leur dévouement à l’œuvre évangélique. . . C’est- à eux qu’incomba la tâche pénible d’évangéliser les tribus indiennes, depuis Tadoussac et les régions septentrionales avoisinantes jusqu’aux grands lacs. Œuvre grandiose et hors de proportion pour une petite poignée d hommes . . . Tache presque surhumaine, pourrions nous ajouter, devant laquelle cependant nous ne les verrons pas faiblir. . 1 ”

Dr. N. E. Dionne. Samuel Champlain, tome n, Québec

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