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CHAPITRE XXIX

VOYAGE ET RELATION DU P. DE LA ROCHE d’aTLLON

] \e 1625 à 1626, il n’y eut pas de missionnaires 1 • chez les Hurons. La mort du Père Nicolas Viel avait retenu à Québec les Pères de Brébeuf et de la Roche d’Aillon. Ils reprirent leur projet en 1626. Le Père de Nouë, Jésuite se joignit à eux Le départ eut lieu, d’après Champlain, le 14 juillet. Ils trouvèrent des Hurons qui les acceptèrent dans leurs canots. Il fallut bien faire quelques présents ; les Sauvages surent mettre à profit la forte taille du Père de Brébeuf pour se faire donner plus largement. Ils déclarèrent qu’il était trop lourd pour leurs canots, mais les présents firent évanouir la difficulté.

Le voyage de nos trois missionnaires fut aussi heureux qu’il pouvait l’etre dans les circonstances. Arrivés chez les Hurons, ils s’installèrent dans le village de Toanchain1.

1. Le Père de Rochemonteix, Les Jésuites et la Nouvelle- France au xvue siècle, i, p. 332, faisant sienne, en la rapportant, l’opinion du Père Martin, Le Père Jean de Brébeuf, Paris, 1877, p. 52, affirme que le Père de la Roche d’Aillon s’établit à Caragouha et les deux Pères Jésuites à Toanché. Le Père A.-E. Jones, The

Après quelques mois passés ensemble dans la bourgade de Saint-Nicolas, le Père de la Roche ‘d’Aillon, Récollet, quitta les deux Pères Jésuites, pour aller visiter la nation Neutre où il séjourna plusieurs mois, l’intéressante narration adressée par lui à un de ses amis de France, qui demeurait à Angers1, nous permet de suivre notre Récollet durant ce voyage où il faillit perdre la vie2.

Catholic Encyclopédie! , vii, au mot Huron, p. 578, table n, est en partie du même sentiment puisqu’il fait d’abord aller à Caragouha le Père de la Roche d’Aillon.

Le Père T.-J. Campbell, Pioneer Priests in North America, 1910, il, pp. 85, 86, cite aussi l’opinion du Père Martin ; mais il a soin d’ajouter que cette opinion est mise en doute par d’autres qui ont étudié ce point d’histoire. D’après ceux-ci, le Père de la Roche d’Aillon et les deux Jésuites demeurèrent ensemble chez les Hurons jusqu’au départ du Récollet pour le pays des Neutres. Telle nous paraît être la vérité. Rien ne prouve d’une part que le Récollet se soit séparé des Pères de Brébeuf et de Noué en arrivant chez les Hurons ; d’autre part nous savons qu’à son retour du pays des Neutres, le Père de la Roche d’Aillon alla rejoindre le Père de Brébeuf à Toanché ou Toanchain ; c’est là qu’il rédigea la relation de son voyage.

Le Père Martin fait erreur aussi, et le Père de Rochemonteix à sa suite, loc. cit., en disant que Toanchain fut appelé Saint-Joseph par les Récollets et que les Pères de Brébeuf et de Nouë y retrouvèrent la cabane du Père Le Caron. C’est Caragouha qui reçut des Récollets le nom de Saint-Joseph et c’est là que se trouvait la cabane de Le Caron. Toanchain est le village visité en 1623 par le Récollet Viel et appelé par lui Saint-Nicolas. Il ne faut pas non plus confondre Toanchain avec Ihonatiria. Consulter la : tabulated list of Huron sites, du Père A.-E. Jones, S. J. The Catholic Encyclopedia, vu, p. 571.

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