‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 272 sur 344 · L’abbé Laverdière, Œuvres de Champlain, p · texte numérisé non relu

L’abbé Laverdière, Œuvres de Champlain, p

3 Donnons un exemple de cet escamotage historique . M étant reposé quelques jours, je me délibérai d’aller voir le Père Joseph et de là voir les peuples, etc., ” édition de 1619, p. 545 de 1 édition Laverdière. “ M’étant, reposé quelques jours, je me délibérai d’aller voir les peuples, etc, ” édition de 1632, p. 929 de l’édition Laverdière. Il n’est plus question du Père Joseph.

croirait pas que ce Récollet soit le fondateur de la mission huronne. Nous pourrions multiplier les exemples de semblables omissions ou interpolations. En sorte que l’historien, désireux d’être impartial, doit contrôler, au moins pour ce qui concerne les Récollets, l’édition de 1632 des Œuvres de Champlain. De 1615 à 1619, ce contrôle est fait par Champlain lui-même par son édition de 1619. De 1619 à 1629, il faut se servir entre autres de Sagard, Leclercq, du mémoire de 1637, de la relation de 1626 du Père Lalemant.

Revenons à présent au petit Louis. Dans l’édition de 1632, il est dit à la fois “ petit Sauvage ” et âgé de “ 18 à 20 ans. ” Ce dernier détail nous paraît suspect. On lit ensuite : “ quelque temps après,

il s’en retourna avec les Sauvages. ” Voilà qui paraît écrit pour faire douter de la sincérité de cette conversion. Après avoir lu Sagard, dont le récit repose sur des témoins dignes de foi, le texte vague tiré des Œuvres de Champlain doit paraître, et avec raison, très sujet à caution. Naneogauachit, si heureux d’être chrétien, si attaché aux Récollets, dut rester avec eux jusqu’à la prise de Québec par les Anglais. Il n’y aurait rien de bien étonnant qu apres le départ forcé de tous les missionnaires, en 1629, le petit Louis, âgé de 12 à 13 ans, obligé de suivre les siens, ait peu à peu oublié les enseignements des Récollets et soit retourné de la sorte à la barbarie, mais ce n’est qu’une supposition.

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