Champlain, Œuvres, pp
du cap Tourmente se laissèrent approcher. Les ennemis s’en emparèrent aussitôt. Foucher parvint toutefois à fuir, au risque de sa vie. Ils pillèrent les logis, tuèrent autant de bêtes à cornes qu’ils en voulurent ; il y avait, d’après Sagard, de quarante à cinquante vaches ; six furent tuées par les Sauvages pour leur avantage, une seule s’échappa dans les bois1. Les ennemis brûlèrent tous les corps de logis, y compris la petite chapelle des Récollets, après avoir fait main basse sur les ornements sacrés qui s’y trouvaient2.
Pivert, sa femme, leur nièce et un autre homme furent emmenés prisonniers. Ce coup de pirate eut lieu le 9 juillet.
Le sieur de Champlain ayant été ainsi amplement informé du désastre arrivé au cap de Tourmente, craignant qu’il lui en arrivât de même à Québec, mit ordre partout pour la défense de la place3. ” Il fit faire “ quelque retranchement autour de l’habitation, “ et au fort, des barricades sur les remparts qui n’étaient pas parachevés4. Chaque homme fut averti du poste qu’il aurait à occuper.
Le 10 juillet, “ sur les trois heures après-midi5, ” une chaloupe s’approcha de Québec ; elle paraissait vouloir entrer dans la rivière Saint-Charles. Des arquebusiers, envoyés par Champlain pour em-