‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 307 sur 344 · Champlain, Œuvres, p. 1159 et ss · texte numérisé non relu

Champlain, Œuvres, p. 1159 et ss

Champlain réunit les principaux de la colonie. “ La lecture faite, nous conclûmes sur son discours que s’il (David Kirke) avait envie de nous voir de plus près, il devait s’acheminer et non menacer de si loin, (ce) qui nous fit résoudre à lui faire cette réponse1,” dont voici les principaux passages.

Monsieur, nous ne doutons point des commissions qu’avez obtenues du roi de la Grande-Bretagne, les grands princes font toujours élection des braves et généreux courages. La vérité (est) que plus il y a de vivres en une place de guerre, mieux elle se maintient contre les orages du temps, mais aussi (elle) ne laisse de se maintenir avec la médiocrité quand l’ordre y est maintenu. C’est pourquoi ayant encore des grains, blé d’Inde, pois, fèves, sans ce que le pays fournit... et sachant très bien que rendre un fort et habitation en l’état que nous sommes maintenant, nous ne serions pas dignes de paraître hommes devant notre roi, que nous ne fussions répréhensibles et mériter un châtiment rigoureux devant Dieu et devant les hommes, la mort (en) combattant nous sera honorable ... ; je sais que vous estimerez plus notre courage en attendant de pied ferme votre personne avec vos forces, que si lâchement nous abandonnions une chose qui nous est si chère, sans premier voir l’essai de vos canons, approches, retranchement et batterie contre une place que je m’assure que la voyant et reconnaissant, vous ne la jugerez de si facile accès comme l’on vous aurait pu donner

PREMIÈRE ALERTE

à entendre... Nous attendons d’heure à autre pour vous recevoir et empêcher, si nous pouvons, les prétentions qu’avez sur ces lieux1. ”

Les Basques, munis de cette réponse, quittèrent Québec le 11 juillet 1628 pour Tadoussac. Les Français s’attendaient à voir apparaître sans retard le général Anglais et ses hommes. Il n’en fut rien. La réponse avait produit son effet. Les Anglais pensèrent qu’il “ n’y avait rien à faire, croyant que nous fussions mieux pourvus de vivres et munitions de guerre que nous n’étions, chaque homme étant réduit à sept onces de pois par jour, n’y ayant pour lors que cinquante livres de poudre à canon, peu de mèche et (peu) de toutes autres commodités ; que s’ils eussent suivi leur pointe, malaisément pouvions-nous résister, attendu la misère en laquelle nous étions, car en ces occasions, bonne mine n’est pas défendue. Cependant, nous faisions bon guet, tenant toujours mes compagnons en devoir2. ”

Les Anglais, après avoir brûlé les barques françaises hormis la plus grande qu’ils emmenèrent, mirent à la voile afin de s’en retourner, tout en cherchant à s’emparer des navires qu’ils pourraient trouver le long des côtes, dans le golfe Saint- Laurent, afin de rencontrer les frais de l’expédition.

Ainsi finit cette vive alerte, dont l’effet le plus saillant fut de faire sentir de plus en plus à Cham-

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