LETTRE DU MINISTRE GÉNÉRAL
les peuples païens de V Afrique et de l’Asie virent arriver les apôtres franciscains dont toute l’ambition était de les conduire à Jésus-Christ.
Quand le génie de Christophe Colomb eut découvert un nouveau monde, les Frères Mineurs furent au premier rang des missionnaires qui entreprirent l’évangélisation de ces immenses territoires et de leurs sauvages habitants.
Il ne faut donc pas nous étonner que le hardi navigateur français, Champlain, décidé à fonder une nouvelle France sur les bords du Saint-Laurent, ait demandé à l’Ordre franciscain les apôtres nécessaires à son noble dessein.
En signant, il y a trois siècles, au nom du Saint- Siège, l’obédience des quatre premiers missionnaires destinés au Canada, mon prédécesseur, Antoine de Tréia, ne pouvait guère prévoir quel serait le grandiose développement de cette mission plutôt modeste dans ses débuts. Grâce à votre livre, il nous est permis de juger l’héroïque effort qu’ils ont fait, au prix de sacrifices inouïs, pour évangéliser des peuples sauvages et cruels et pour soutenir le courage et la foi d’une colonie naissante, trop éloignée de la mère-patrie. Nous pouvons, de plus, admirer le magnifique succès de leur entreprise et contempler aujourd’hui la riche moisson qui mûrit dans la paix et le bonheur, là où ils ont semé dans les combats et les larmes.
J e souhaite à nos religieux qui continuent, sur les mêmes plages l’œuvre de leurs devanciers, d’être aussi les héritires de leurs vertus. Membres de la meme famille, qu’ils soient fidèles aux traditions des anciens et qu’ils méritent toujours les éloges dont vous