‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 5 sur 344 · LETTRE DU MINISTRE GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

LETTRE DU MINISTRE GÉNÉRAL

écrivez que les Canadiens n’ont jamais cessé de combler leurs premiers missionnaires.

En vous félicitant, cher Père, de votre bel ouvrage, je ne puis oublier la circonstance qui en a été l’occasion. Commémorer solennellement le troisième centenaire de l’établissement de la foi sur les rives du Saint-Laurent est un projet digne d’un peuple qui u se souvient ” . J’y applaudis de tout cœur et je suis heureux de savoir que vous faites partie du Comité chargé d’organiser les fêtes sous la présidence de V Emminentissime Cardinal, Archevêque de Québec.

J’ajoute encore que vous ne devez pas vous arrêter sur cette première page de nos Annales au Canada; mais j’espère que vous continuerez rapidement votre travail jusqu’aux temps modernes, afin d’apporter ainsi une contribution sérieuse et complète à l’histoire générale de notre Ordre dans le monde.

Je vous bénis, cher Père, et je demeure

votre bien dévoué en N. S. J. C.

Donné à Rome,

ce 15 novembre 191 4.

PRÉFACE

Un publiciste Canadien-Français écrivait récemment : “ Notre race, de par la miséricordieuse Providence de Dieu, qui nous a fait ce don inestimable, est de celles dont l’organisme et la vie sont tout compénétrés du principe éminemment vital qu’est le Catholicisme. Le Catholicisme a été pendant trois siècles l’âme de notre race. Nous sommes nés et nous avons grandi sous la poussée de la sève catholique, que nous infusa sans arrêt et sans impuretés hérétiques, par le vigoureux rameau de l’Eglise de France, l’arbre immortel de l’Eglise Catholique, sorti lui-même de la semence divine. ”

Comme introduction à l’ouvrage que nous publions, à elles seules ces lignes suffiraient. Toute la raison de ce livre en effet, c’est de montrer, dans la personne de nos premiers missionnaires, la maternelle sollicitude de l’Eglise se penchant avec amour sur le berceau de la Nouvelle-France pour infuser à la race canadienne-française cet esprit catholique, pur de tout alliage, dont elle se glorifie à si juste titre.

L’établissement de la foi au Canada fut l’œuvre des Récollets, demandés par Champlain, envoyés par Rome.

Les Récollets étaient une des quatre branches

PRÉFACE

des Franciscains de l’Observance, qu’un seul MF nistre Général gouvernait, sous le titre de Ministre Général de tout l’Ordre des Frères Mineurs. Le nom de Récollet n’existe plus depuis 1897 ; il s’est effacé pour faire place à une plus parfaite unité dans la famille franciscaine, dont les enfants ne se reconnaissent plus désormais que sous le nom légué par leur séraphique Père, celui de Frères Mineurs ; dans le langage populaire on dit : les Franciscains, du nom même de leur fondateur.

Ce qui précède explique le titre et le sous-titre de notre ouvrage, qui est à la fois l'histoire des Franciscains au Canada de 1615 à 1629 et l’histoire de l’établissement de la foi en ce pays durant la même période.

Cette histoire, nous avons voulu l’écrire sincère et exacte. Dans ce but, nous avons fait des recherches qui nous ont révélé des documents inédits, et nous avons compulsé les auteurs qui ont écrit sur ce sujet ; notamment, nous recourons souvent aux travaux si précieux de Champlain et de Sagard, témoins de premier ordre pour la période, 1615- 1629, de l’histoire canadienne. Nous indiquons au cours du récit les auteurs que nous citons.

En publiant le présent ouvrage en cette année 1915, nous croyons faire une œuvre patriotique très opportune. Cette année marque en effet le troisième centenaire de l’établissement de l’Eglise au Canada. Le moment est donc bien choisi pour rappeler, dans un cadre tracé tout exprès pour cela et moins étroit que celui de la plupart de nos devanciers, les travaux pénibles, les combats in-

PRÉFACE

cessants, au prix desquels l’Eglise Catholique prit possession du Canada.

Nous voudrions en même temps faire œuvre' utile à un autre point de vue : rappeler au peuple canadien ses premiers missionnaires ;• donner aux vaillants disciples de François d’ Assise toute la place qui leur revient dans les premiers chapitres de nos annales historiques comme dans nos cœurs reconnaissants ; et, par le souvenir des pures origines de l’Eglise canadienne, fortifier dans l’âme de notre peuple, le sens catholique qui le distingue.

Pour la Patrie et l’Eglise puissions-nous avoir atteint notre but !

En fils obéissant de l’Église catholique

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