Œuvres, p
2 Ce devait être à quelques lieues au-dessus de Sorel, puisque, après avoir quitté Pontgravé et le Père Denis, il fait encore environ six lieues avant de prendre la rivière des Prairies. Note de Laverdière : Champlain, Œuvres, p. 506, note 1.
douze Français qu’on avait baillé aux Sauvages
pour les assister . Tout cela ne me fit point
pourtant perdre courage à poursuivre l’entreprise pour l’affection que j’avais de continuer mes découvertes.
“ Je me séparai donc d’avec les dits Sieur du Pont et Père Denis, avec résolution de m’en aller dans les deux canots qui étaient avec moi et suivre après nos Sauvages, ayant pris les choses qui m’étaient nécessaires1. ”
Pendant ce temps, le Père Le Caron poursuivait son voyage vers le pays lointain des Hurons. Il avait pris place, a écrit l’Abbé Casgrain, “ dans un canot huron pour s’enfoncer dans des pays où
jamais Européen n’avait mis le pied . On était au
cœur de l’été. Un soleil éblouissant jetait des reflets métalliques sur les lacs et les rivières. Dans l’atmosphère en ébullition nageaient des myriades d’insectes, de moustiques, tourment des voyageurs. La flottille des canots sauvages glissait silencieusement sur les grandes eaux de l’Ottawa. Entre le dôme bleu du ciel et la surface noirâtre de la rivière, le regard ne rencontrait que l’éternelle verdure des deux rives. Les îlots surchargés de feuillage ressemblaient à des corbeilles abandonnées au courant ; alors que la multitude des nacelles indiennes qui les longeaient l’un après l’autre, avait l’air, à distance, de ces bandes d’oiseaux aquatiques qui se posaient sur la rivière. Tandis que le Père Joseph, assis dans un canot d’écorce, l’aviron à la main, contem-