‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 63 sur 344 · Champlain, Œuvres, p · texte numérisé non relu

Champlain, Œuvres, p

que les Iroquois furent fort épouvantés par le bruit et encore plus par les ravages des arquebuses qu’ils ne connaissaient pas encore, semble-t-il; mais, grâce à l’indiscipline et à l’inconstance des Hurons, le village iroquois investi ne put être emporté d’assaut. Champlain fut blessé de deux coups de flèche à la jambe et au genou. Les Hurons découragés ne voulurent point reprendre le combat ; il fallut songer à la retraite. Le départ se fit le 16 octobre 1615. Après avoir repassé le lac Ontario, les Sauvages se débandèrent pour aller les uns à la chasse, d’autres à la pêche. Champlain suivit les chasseurs, mais, désireux de tuer un bel oiseau rare et gros comme “ une poule, ” il s’égara en le poursuivant et fut trois jours à errer dans les bois. Il finit par retrouver le camp des Hurons, qui étaient fort inquiets à son sujet.

Le quatre de décembre, on se remit en marche vers le pays huron avec de grandes fatigues ; vers le 23 de ce mois, Champlain atteignit la bourgade de Cahiagué. Il y passa quelques jours pour se reposer ; puis il voulut aller voir le Père Joseph Le Caron et se mit en route le quatre janvier 1616 ; le lendemain, ces deux vaillants apôtres de Dieu et de la France, ces deux hardis pionniers de la vérité et de la civilisation, se retrouvaient sous le même toit.

“ Je vis le Père Joseph, en sa petite maisonnette où il s’était retiré. Je demeurai avec lui quelques jours1. ” Au coursfde cette charmante intimité,

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