‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 64 sur 344 · Œuvres, p · texte numérisé non relu

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ils délibérèrent d’aller visiter la nation du Petun, “ encore qu’il fasse très fâcheux de voyager en temps d’hiver, et partîmes ensemble le quinzième de janvier1 pour aller vers cette nation où nous arrivâmes le dix-septième du dit mois. Ces peuples du Petun sèment le maïs appelé par deçà blé de Turquie, et ont leur demeure arrêtée comme les autres. Nous fûmes en sept autres villages, leurs voisins et alliés, avec lesquels nous contractâmes amitié ; ils nous promirent de venir en bon nombre à notre habitation. Ils nous firent fort bonne chère et présent de chair et poisson pour faire festin comme est leur coutume ... ; ces peuples sont proches de la nation Neutre qui est puissante2. ” Champlain et le Père Le Caron auraient bien voulu aller visiter cette nation, mais les Sauvages* du Petun les en dissuadèrent, de peur qu’ils ne fussent les victimes de leur vengeance parce que, d’après les Pétuneux, un Français avait tué, l’année précédente, un Sauvage de cette tribu.

Nos explorateurs dirigèrent leurs pas vers les Andatahouats ou cheveux relevés, qui lièrent aussi amitié avec les Français. Ils revinrent alors sur leurs pas et regagnèrent par le même chemin le village de Caragouha au pays des Hurons. Un mois ou à peu près s’était écoulé depuis leur départ.

Une affaire assez grave, et de nature à nuire beaucoup aux entreprises des Français en ces con-

1. Il y a février dans le texte, mais l’erreur est manifeste et l’abbé Laverdière l’a relevée : Œuvres de Champlain, p. 545. Dans l’édition de 1632 on lit : janvier.

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