Leclercq, Premier établissement de la foy , i, p
venir spécial et reconnaissant de la part de l’Eglise canadienne.
Le Père Jean Dolbeau1 mérite lui aussi une place d’honneur dans les annales de la Nouvelle-France. Il “ prit naissance au duché d’Anjou, l’an mil cinq cent quatre-vingt-six, le deuxième de mars. Je ne dirai rien de ses parents, sinon que la pureté de sa vie fut un des plus beaux ornements de sa famille. Etant âgé de dix-neuf ans, Dieu lui inspira le désir d’être religieux et il en prit l’habit au couvent des Révérends Pères Récollets de la Balmette, proche d’Angers. Après qu’il eut (été) exerce durant 1 année de son noviciat dans toutes sortes de saintes pratiques, selon la louable coutume de la religion, il rendit ses vœux avec une ferveur qu’il n’est pas facile d’exprimer.
“ Mais depuis que Dieu eut allumé dans son cœur ce feu sacré, il n’eut point de repos. Il ressentait cet empressement dont la charité est la source, suivant le sentiment de l’apôtre, et il avait un désir passionné d’augmenter la gloire de Dieu en travaillant au salut des âmes et à la conversion des infidèles. Voilà pourquoi, lorsqu’après avoir heureu-
1. Ce nom doit être écrit en un seu] mot et non dOlbeau, avec apostrophe. Un manuscrit de la Bibliothèque publique d’Orléans, que nous citons dans ce chapitre, renferme un bon nombre de lettres de notre Récollet, signées : Fr. Jean Dolbeau, et des témoignages de personnes l’ayant connu, et toutes écrivent son nom Dolbeau. Dans F: cte de baptême de Pastedechouan, a Angers, auquel le Père Dolbeau assista (voir un peu plus loin dans ce chapitre), le nom du Récollet est écrit en un seul mot. Sagard écrit toujours Dolbeau, ainsi que le Père Gallemant dans 1 ouvrage précité, et le Père Lefebvre dans son Histoire chronologique de la Province de Saint-Denys, Paris. 167 , .
sement terminé ses études de philosophie et (de) théologie, il eut été nommé prédicateur et confesseur, il demanda permission à ses supérieurs d’aller prêcher la foi aux Indes orientales ou occidentales L’ayant obtenue, il partit d’Orléans, où il demeurait alors, l’an mil six cent quinze, et passa à la Nouvelle-France. ”
Ainsi s’exprime un biographe anonyme dont le manuscrit, d’une bonne écriture du dix-septième siècle, composé peu après la mort du Père Dolbeau, est conservé à la Bibliothèque publique d’Orléans1.
Le Père Dolbeau était dans sa 30ème année d’âge depuis le 2 de mars, et avait dix ans de vie religieuse quand il passa au Canada. Il fut d’abord chargé de la desserte de Québec et nous avons relaté ses premiers travaux. Il avait une grande envie de se dépenser lui aussi pour le salut des indigènes. “ Il ne pouvait vivre, dit Sagard, sans exercer la charité laquelle Dieu avait infusée dans son âme2. ” Il eut en partage les Montagnais ; son poste fut Tadoussac, d’où il étendit les effets de son zèle “ jusqu’au bout et à l’embouchure du fleuve de Saint-Laurent3. ”
“ Il partit le second jour de décembre4. ” “ L’on ne saurait exprimer la joie intérieure de cet homme tout séraphique, quand il se vit une fois en état de
1. Abrégé de la vie du R. P. Dolbeau. Du fol. 170 au fol. 182 du manuscrit 509, de la Bibliothèque publique d’Orléans, petit infolio.