Leclercq, Premier établissement de la foy, i, p
4. Sagard, Hist. du Canada, p. 26. Leclercq, Premier établissement de la foy, i, p. 69.
témoigner à Dieu, à l’exemple de saint Paul, qu il n’avait point d’autre ambition que d amplifier le royaume de Jésus-Christ; il s’y appliqua durant l’hiver avec un zèle infatigable et il dévora avec plaisir toutes les difficultés que l’on trouve à se rendre facile l’intelligence et l’usage de la langue de ces barbares dont il apprit les éléments en fort peu de temps1.
Il suivit les Montagnais dans leurs chasses, souffrant gaiement de grandes fatigues, de dures privations, le froid rigoureux de l’hiver, obligé de partager la tente des Sauvages pour se reposer la nuit et s’abriter un peu contre les intempéries de la saison.
Il vécut ainsi deux mois2 avec ces barbares et son zèle ne diminuait point. Mais le danger de perdre la vue le contraignit de revenir à Québec. Quand les Sauvages faisaient du feu dans leurs cabanes, celles-ci étaient le plus souvent remplies de fumée ; quiconque a expérimenté quelle souffrance est la fumée pour les yeux, comprendra quel supplice était pour les missionnaires la nécessité de partager la cabane d’un Sauvage. Le Père Dolbeau pensa y perdre la vue “ qu’il n’avait déjà guère bonne, écrit Sagard, et fut plusieurs jours sans pouvoir ouvrir les yeux qui lui faisaient une douleur extrême3. ” Nous signalerons, en suivant le cours des événements, les autres travaux apostoliques du Père Dolbeau en Canada.
1 Leclercq, Premier établissement de la foy, i, p. 70.