Sagard, Hist. du Canada, p
Ce missionnaire quitta définitivement la Nouvelle-France en 1620. “ Ayant ainsi travaillé quelque temps à cultiver cette jeune vigne du Seigneur et ayant laissé toutes les marques d’une conduite prudente, d’une charité parfaite et d’une patience invincible, il repassa en France chargé d’un butin précieux1. ” Il emmena avec lui “ un petit Sauvage de douze ou treize ans, ” lisons-nous dans le manuscrit, déjà cité, d’Orléans. C’est de ce Sauvage qu’il est question dans une lettre du Père Jamet en date du 15 août 1620. Plusieurs enfants avaient été présentés aux Récollets pour les faire instruire. “ Nous nous sommes contentés, écrit le Père Jamet, d’un jeune enfant âgé de douze ans, lequel nous avons envoyé en France par l’un de nos Pères, qui le donnera à quelque personne pieuse pour le faire instruire2. ” Ce Sauvage était Montagnais de nation, il s’appelait Pastedechouan. Le Père Dolbeau le conduisit chez les Récollets de Beaumette, l’instruisit3, puis le fit baptiser à Angers. “ Pierre de Rohan, gouverneur au pays et comté du Maine, ” fut son parrain et l’épouse de celui-ci “ Antoinette de Bretagne, ” sa marraine ; “ lesquels ont nommé le dit Sauvage, que le dit (Père) Jean Dolbeau a assuré être le premier qui avait été baptisé de la dite nation, Pierre- Antoine4. ”