Ferland, Cours d’ Histoire, i, p
cier, un bon ami et un homme très zélé à leur conversion, comme il a toujours témoigné par effet jusqu’à sa mort, qui lui fut aussi heureuse comme sa vie avait pieusement correspondu à celle d’un vrai chrétien sans fard ni artifice1. ”
Ainsi parle le Récollet Sagard qui fait un grand éloge de Louis Hébert et raconte ses derniers moments. Il nous faut citer cette belle page, avec d’autant plus de raison que ce Récollet avait eu l’occasion de bien connaître, au Canada, le premier colon canadien et qu’il fut en rapports continuels avec ses contemporains.
“ Je ne peux être blâmé, écrit Sagard, de dire le bien où il est, et de déclarer la vertu de ce bon homme, pour servir d’exemple à ceux qui viendront après lui, puisqu’elle a éclaté devant tous et a été en bonne odeur à tous. Si je n’en dis point autant des vivants, (c’est que) personne ne doit être appelé saint qu’après sa mort, ni jugé comme méchant jusqu’après le trépas, pour ce qu’on peut toujours déchoir de sa perfection ou sortir du vice pour la vertu. Un jour juge de l’autre, mais le dernier juge de tous, disait un philosophe ; et par ainsi, il faut attendre après la mort pour juger de l’homme.
“ Dieu, voulant retirer à soi ce bon personnage et le récompenser des travaux qu’il avait soufferts pour Jésus-Christ, lui envoya une maladie,2 de laquelle il mourut .... ; mais auparavant que de rendre son âme entre les mains de son Créateur, il