‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 85 sur 344 · Un-e chute, d’après Champlain, Œuvres, p · texte numérisé non relu

Un-e chute, d’après Champlain, Œuvres, p

LE PREMIER COLON CANADIEN

se mit en l’état qu’il devait mourir, reçut tous ses sacrements de notre Pere Joseph Le Caion, et disposa de ses affaires au grand contentement de tous les siens.

“ Après quoi il fit approcher de son lit sa femme et ses enfants, auxquels il fit une briève exhortation de la vanité de cette vie, des trésors du ciel et du mérite que l’on acquiert devant Dieu en travaillant pour le salut du prochain. Je meurs content, leur disait-il, puisqu’il a plu a Notre Seigneur me faire la grâce de voir mourir devant moi des Sauvages convertis. J’ai passe les mers pour les venir secourir, plutôt que pour aucun intérêt particulier, et mourrais volontiers pour leur conversion, si tel était le bon plaisir de Dieu. Je vous supplie de les aimer comme je les ai aimés et de les assister selon votre pouvoir, Dieu vous en saura gré et vous en récompensera en paradis ; ils sont créatures raisonnables comme nous et peuvent aimer un même Dieu que nous s’ils en avaient la connaissance, à laquelle je vous supplie de leur aider par vos bons exemples

et vos prières. v y

“ Je vous exhorte aussi à la paix et à l’amour maternel et filial que vous devez respectivement les uns aux autres, car en cela vous accomplirez la loi de Dieu, fondée en charité ; cette vie est de peu de durée et celle à venir est pour l’éternité ; je suis près d’aller devant Dieu qui est mon juge, auquel il faut que je rende compte de toute ma vie passée, priez-le pour moi, afin que je puisse trouver grâce devant sa face et que je sois un jour du nombre de

ses élus. Puis, levant sa main, il leur donna à tous

sa bénédiction et rendit son âme entre les bras de son Créateur, le 25ème jour de janvier 1627, jour de la conversion de saint Paul et fut enterré au cimetière de notre couvent, au pied de la grande croix, comme il avait demandé étant chez nous, deux ou trois jours avant que tomber malade, comme si Dieu lui eût donné quelque sentiment de sa fin prochaine1.”

Leclercq écrit à son tour : “ Nous eûmes dans

ces temps un autre chagrin. Monsieur Hébert, dont nous avons parlé dès le commencement de notre histoire, premier habitant de la colonie, tomba malade, épuisé des fatigues qu’il avait souffertes, et après avoir traîné quelques jours il rendit le tribut à la nature. Il laissa un regret universel de sa mort. On peut l’appeler l’Abraham de la colonie, le père des vivants et des croyants, puisque sa postérité a été si nombreuse, qu’elle a produit quantité d’officiers de robe et d’épée, de marchands habiles pour le négoce, de très dignes ecclésiastiques, enfin un grand nombre de bons chrétiens, dont plusieurs même ont beaucoup souffert et d’autres ont été tués des Sauvages pour les intérêts communs2. ”

Leclercq signale aussi l’enterrement de Louis Hébert dans le cimetière des Récollets, situé là où est actuellement l’Hôpital-Général. En 1670, les Récollets, de retour au Canada, relevèrent leur couvent en ruine. Les corps, enterrés dans leur cimetière, furent exhumés en 1678, et on retrouva

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