Leclercq
Premier établissement de lafoy) i, p. 111.
saire à l’établissement de sa nouvelle colonie1. Le Père Jean Dolbeau, de son côté, n’y épargnait rien. L’un et l’autre parlèrent souvent à Messieurs de la compagnie, mais sans aucun succès, car ces gens qui avaient toujours les oreilles ouvertes au récit avantageux qu’on leur faisait des profits considérables qu’ils pouvaient retirer de leur commerce avec les Sauvages, les fermèrent aux demandes et aux instances qu’on leur faisait2. ”
En cette année 1617, Paul Y avait accordé à l’Eglise, par une bulle du 12 janvier, un jubilé universel3, afin d’obtenir de Dieu, par des prières publiques, les remèdes aux maux très nombreux de l’époque. L’hérésie protestante semait toujours la division et entretenait le désordre en bien des pays de l’Europe ; pour ne parler que de la France, le protestantisme y exerçait en plusieurs provinces une tyrannie funeste qui devait durer jusqu’en 1628, c’est-à-dire jusqu’à la prise de la Rochelle par les armées royales. Dans la conduite de bien des catholiques, la foi ne faisait pas sentir suffisamment son influence salutaire. Le grand ennemi des chrétiens, l’islam, quoique affaibli et divisé, était toujours une menace pour la chrétienté. Le jubilé devait aider à promouvoir entre les princes chrétiens et parmi les fidèles l’idée d’une croisade. Le
1. On peut juger du zèle de Champlain pour sa colonie, en lisant les pièces 1, 2, 3, 4, publiées par Me le Dr N.-E. Dionne, dans Samuel Champlain, vol. ii, pièces justificatives, p. 489 à 510 incl.