‹ Les Francs-maçons au théâtreChapitre 1 sur 5 · MAÎTRE EN L'ART R.OYAL · texte numérisé non relu

MAÎTRE EN L'ART R.OYAL

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Les personnages légendaires sont comme les hommes ; ils se transforment en changeant de climat. A Bergame, où il semble qu'il naquit, Arlequin fut dans des temps lointains un bouffon assez ignoble, dont la gourmandise, surtout, amusait le bas peuple italien. Venu en France au temps ou Mazarin régnait parmi une cour fleurie qui se piquait de bon goût, il s'adapta au milieu, — pas de suite cependant puisque la troupe italienne dut en 1697 cesser ses représentations à cause de la licence de ses propos. Mais lorsque cette dernière revint avec des intentions honnêtes, elle té-

moigna de suite de leur sincérité en montant Arlequin poli par V amour, La pièce était tout un programme par les qualités si françaises de son auteur — et quel auteur : Marivaux ! — et par son titre.

Dans une société policée les vices acquièrent de la distinction. Arlequin, ivrogne alors qu'il divertissait la plèbe, devient dans notre pays mauvais sujet, au sens galant du mot. Il demeure généralement poltron, d'esprit simple avec une certaine rouerie qui peut n'être point contraire à la bêtise.

Je dis « généralement » — car les auteurs multiples qui le prirent au xvmesiècle comme principal personnage de leurs productions — s'ils le firent presque toujours amoureux, le dotèrent du caractère qui convenait le mieux à leur sujet. Et ce caractère fut très divers Arlequin était terriblement à la mode. Il faudrait

des pages pour citer toutes les pièces dont il fit le succès. Il fut frondeur avec Delisle et révolutionnaire avec Piron dont V Arlequin Deitcalion, quoique de 1722, prépare Le Mariage de Figaro, et satirique avec tous. C'est pourquoi nous trouvons son nom dans un nombre considérable de parodies, depuis Y Arlequin Prolée de Fatouville qui ridiculisait Bérénice jusqu'à Y Arlequin au Parnasse que Zaïre avait inspiré à l'abbé Nadal(i).

Tout le xviii0 siècle français a accaparé Arlequin. Le théâtre des Italiens n'avait pu garder pour lui seul ce personnage qu'on trouvait sur toutes les scènes, chez les Comédiens Français, à

(1) Arlequin synthétisait mieux qu'un rôle — une fonction. Chaque troupe avait un comédien qui était « Arlequin » comme on est jeune premier ou comme une chanteuse plus tard fera les Dugazon,

la Foire Saint-Laurent comme à la Foire Saint-Germain, ou au Vaudeville. Pourtant aux Italiens, des acteurs célèbres l'incarnèrent avec un succès plus durable — tel ce Carlo Bertinazzi dit Carlin, dont cet écrivain mystificateur Hyacinthe de Latouche (qui révéla André Chénier) publia la prétendue correspondance avec le pape Clément XIV.

Sous Louis XVI ce Carlin fut un jour invité à jouer au théâtre de la Cour ; c'était 1 époque où les coiffures féminines s'ornaient de panaches exubérants. Marie-Antoinette au spectacle en portait un de trois pieds de hauteur. Carlin ficha à son chapeau une longue plume de paon avec laquelle il tentait vainement de sortir de la pièce, s'irritant de la plus amusante façon contre les portes toujours trop petites. Ses singeries manquèrent de lui jouer un mauvais tour.

On s'irrita de leur audace, mais on s'abs-

tint de la châtier lorsqu'on apprit que le roi, époux facétieux, l'avait inspirée.

Alors qu'Arlequin jouait tous les rôles de la société, se prêtait à toutes les fan taisies, il eût été étonnant qu'on n'en fit point un franc-maçon. La célébrité de la u confrairie » devait forcément s'allier à la sienne. Nous le savions déjà par la pantomime Arlequin franc-maçon qui fut jouée avec un tel succès au théâtre de Covent-Garden de Londres en 1780; nous en avons une autre preuve dans la pièce retrouvée dans le répertoire du Sieur Nicolet, répertoire inédit, aujourd'hui acquis par la Bibliothèque Nationale et classé à la section des manuscrits.

Elle s'y trouve avec maintes autres arlequinades qu'il serait trop long de citer, mais où on peut glaner ces titres : Arlequin avalé par la baleine ou la vengeance

de Vamonr, Arlequin déserteur dans les Islesy ambiguë farce avec des pots-pourris, en marge de laquelle le directeur du théâtre a signé (peut-être comme auteur r) un « Nicolet » au paraphe sympathique.

Voici aussi un Arlequin fendeur « pantomine, mêlée de dialogue», où on initie Arlequin aux mystères des Bons Cousins forestiers. Peut-être un jour publieronsnous également cette dernière pièce où l'auteur paraît documenté sur les pratiques de la Charbonnerie.

Parmi ce répertoire de Nicolet, dont une partie fut sauvée, sinon de l'oubli, du moins de la destruction, il est des manuscrits fort savoureux. Cela ne doit pas nous étonner. Maints auteurs de talent approvisionnaient ce théâtre. Nicolet eut même la primeur de certaines

pièces comme l'intermède pastoral de Boutelier intitulé : Alain et Rosette ou La Bergère Ingénue que l'Académie Royale de Musique ne dédaigna pas de reprendre.

Par l'effet d'une expression plaisante : De plus fort en plus jort, comme chez Nicolel, nous nous imaginons quelque bateleur égayant la foule par des pitreries. A tort. Nicolet fut un auteur non méprisable et un directeur adroit, sachant s'entourer de comédiens dignes de la faveur publique.

De la Foire, il vint s'établir boulevard du Temple, continua d'y faire courir tout Paris, mérita l'attention de Louis XV qui l'autorisa à intituler son théâtre Spectacle des Grands Danseurs du Roy, et la mort interrompit une carrière qu'avaient depuis longtemps consacrée la gloire et la richesse.

Peut-être fit-il entendre ce cri promet-

teur « de plus fort en plus fort » au moment où il dut user de ruse pour maintenir son succès contre les procédés jaloux de la Comédie Française. Celle-ci, prenant ombrage de la vogue de Nicolet, avait réussi à lui faire enlever la permission de représenter des comédies ; seule la pantomime lui demeurait permise.

Toute l'histoire du Théâtre est pleine de ces rivalités entre les troupes ayant pignon sur rue, les officielles pourraiton dire, et les entrepreneurs forains.

La Foire de Saint-Laurent (qui se tenait généralement entre le 19 août et le 29 septembre sur l'emplacement actuel de la Gare de l'Est), et la Foire de Saint- Germain (sur le terrain du Chapitre de Saint-Germain-des-Prés) attiraient un public considérable. Scarron l'affirme, qui consacra à cette dernière un poème dédié à Monsieur et que publia en 1643 Jonas Brequigny au Palais :

Que ces badauds sont étonnés De voir marcher sur des échasses !

Que d'yeux, de bouches et de nez, Que de différente? grimaces !

Que ce ridicule Harlequin Est un grand amuse coquin !

Tant qu'il n'y eut que des danseurs sur corde, des marionnettes, des nains, des géants, des animaux savants, des monstres, des marchands de pain d'épices, Brioché et son fameux singe Fagotin que Cyrano pourfenda, la concurrence ne parut pas sérieuse. Mais dès qu'en 1688, un ingénieux banquiste voulut faire jouer l'opéra à des marionnettes de quatre pieds, il apprit à ses dépens que c'était là une licence que ne pouvait permettre l'Académie Royale de Musique.

Quant aux petits théâtres — et ils furent de plus en plus nombreux — qui peu à peu osèrent risquer des comédies...

des vaudevilles... des opérettes, on leur faisait payer leur audace — et leur succès — par force ennuis. La Comédie Française faisait « citer » les entrepreneurs, et obtenait des jugements qui confirmaient ses anciens privilèges.

En bons français et surtout en bons forains, ces entrepreneurs tournaient les arrêts de ces messieurs du Châtelet et du Parlement. Comment? Par des moyens assez amusants et qui divertissaient d'autant plus le peuple qu'il mettait une joie maligne à s'en rendre complice par ses applaudissements .

Le dialogue était interdit ? On jouait des pièces en monologues. On empêcha ces dernières ? Remy et Ghailiot, auteurs pour théâtres de foire, inventèrent les pièces à écriteaux. Les acteurs avaient leurs rôles écrits en gros caractères sur des feuilles qu'ils déroulaient devant le public ; cela occasionna des quiproquos,

car les papiers sont facétieux et se mêlent facilement. Alors on imagina ce que de nos jours le cinéma devait rénover : de faire apparaître de grandes pancartes où se trouvait expliqué le jeu muet des personnages. Pour les couplets, les musiciens jouaient l'air et des acteurs, disséminés parmi le public, les chantaient.

A la veille de la Révolution, nous voyons Séraphin respecter avec malice le Règlement en faisant apparaître sur la scène un comédien qui fait les gestes pendant qu'un autre prononce le rôle dans la coulisse.

Ce fut durant un siècle, une lutte continuelle entre les petits et les gros. Ces derniers s'appelaient la Comédie Française, la Comédie Italienne et l'Académie

Royale de Musique. Victoire officielle de ceux-ci, victoire sournoise des autres.

Tant que duraient les procès, on jouait hardiment en attendant l'interdiction, ou bien on risquait la contravention — ce qui coûtait assez cher.

Un jour la Comédie Française obtint un jugement décisif qui coupait les vivres — et la verve — des théâtres forains. On n'autorisait plus à la foire que les danseurs de corde et les marionnettes. Et encore pour ces dernières, la permission ne leur était donnée de représenter des pièces et pantomimes (l'ordonnance de 1750 que reproduisent les Affiches de Paris en fait foi) que « à la charge de se servir du sifflet, appelé pratique, et de se conformer au surplus à ce qui est prescrit pour les danseurs de corde, sous les mêmes peines ». Or, ce qui était prescrit pour les danseurs de corde était de ne « représenter aucune

pièce déclamée et chantée ni exposer de canevas de leurs pièces au fond, ni dans aucune autre partie du théâtre, soit par des tableaux, des écriteaux ou autrement ».

Ce fut vers cette époque que fut représenté le Polichinelle Maître-Maçon dont nous parlerons plus loin — pantomime simple, d'une affabulation presque enfantine, faite pour ébaudir un bon public de badauds qui ne se serait point accommodé de complications sentimentales ou autres.

Car Polichinelle est aussi le héros de multiples pièces. Sa bosse est aussi populaire que le bicorne d'Arlequin. A lui aussi sa nette originalité lui a fait accorder d'emblée ses lettres de naturalisation. Et si Scaramouche est aujourd'hui un peu oublié, Polichinelle, Arlequin, Colombine et Pierrot, malgré les avatars que leur fait subir l'humeur changeante

des époques, gardent toujours, sous leur vernis italien, le caractère de rouerie sans méchanceté que leur imprima surtout le xvme siècle.

Donc, Arlequin "et Polichinelle sont francs-maçons.

Nous avons dit tout à l'heure que la (( Confrairie » était célèbre. Elle avait conquis cette renommée, presque à sa naissance, par la faute de la police royale. Les francs-maçons vivaient dans la paix de leurs réunions mystérieuses et gastronomiques, lorsque le guet était survenu. On était en 1737. Les ordonnances du Royaume et les arrêts du Parlement, qui défendaient les associations clandestines, étaient formels ; et il se passa ce qui se renouvela au cours des âges avec une inefficacité remarquable

par sa persistance, on voulut les appliquer aux Francs-Maçons.

Le samedi 10 septembre 1737, à 9 h. 1/2 du soir, Maistre Jean Delespinay, Conseiller du Roy, commissaire en la Cour du Châtelet, accompagné de l'Exempt de Robe-Courte Viéret, vint faire une descente de police au lieu dit de La Râpée chez le traiteur Chapelot, à l'enseigne de Saint-Bonet. Il avait été "bien renseigné, car le rapport qu'il fit de son expédition, à l'audience de la Chambre de Police, témoigne par ses détails qu'elle ne fut point infructueuse. En effet il vit chez Chapelot « un très grand nombre de personnes, la plupart desquelles avoient tous des tabliers de peau blanche devant eux, et un cordon de soye bleue qui passoit dans le col, au bout duquel il y avoit attaché aux uns une Equerre, aux autres une Truelle, à d'autres un Compas et autres outils servant à la maçonne-

rie ». Ce qu'il remarqua aussi, c'est « une table dressée dans un grand salon et une très grande quantité de couverts ».

Le résultat fut qu'on condamna le traiteur à mille livres d'amende et à avoirson cabaret muré pendant six mois.

Et le 14 septembre 1737, on afficha «aux lieux ordinaires et accoutumez » la sentence de police « faisant deffenses à toutes personnes de tel estât, qualité et condition qu'elles soient, de s'assembler, ni de former aucune Association sous quelque prétexte et sous quelque dénomination que ce soit, et notamment sous celle des Frey-Maçons, et ce sous les peines portées par lesdits arrêts et règlemens ».

Et de façon « à ce que personne n'en prétende d'ignorance », cette sentence fut en outre « lue et publiée à haulte et intelligible voix, à son de trompe et cry public», à tous les carrefours par Jacques Girard, huissier à cheval au Châte-

let de Paris, accompagné de Louis- François Ambezar, Jacques Hallot et Claude-Louis Ambezar, « jurez trompettes »

Cette façon d'agir un peu vive envers une assemblée qui se recrutait surtout parmi des gens de qualité sema un grand trouble dans les loges. Plusieurs, en province, se mirent immédiatement en sommeil, entre autres celle d'Avignon qui a\ait été « établie » par le F.-, de Calvières et qui était fort brillante. A Paris, quelques maçons se retirèrent. Il y a làdessus une lettre très caractéristique d'un f.\ de Raucourt qui fait suivre son nom de ses qualités et de son adresse : « Résident de S. A. M. Mgr le Landgrave de Hesse-Paris, Cloître Saint-Nicolas du Louvre ». Elle se trouve à la Bibliothèque Nationale, Section des Manuscrits,

dans le fonds français 15. 176 qui contient une quantité de « planches » au chevalier Philippe- Valentin Berthin de Rocheret, baron de Percenuit, lieutenant criminel à Epernay. Or le représentant du Landgrave de Hesse ne se soucie point d'être mêlé à des histoires de police, et, tout en exprimant sa douleur de ne plus appartenir à « un corps aussi distingué par son union que par la pureté de ses mœurs », il en prend son parti avec une prudence toute diplomatique : « nous voilà pour jamais désunis, écrit-il, à moins que nous ne voulions directement déplaire au Gouvernement, ce qu'aucune personne sensée ne doit faire ».

Disons tout de suite que cette soumission fut peu contagieuse. Les timorés furent en minorité. Le soir où ÎUaistre Jean Delespinay, avec « plusieurs escouades de guet », avait été faire sa visite inopportune à l'Enseigne de Saint-

Bonet, il y eut bien des » frey-maçons ù que la crainte incita à rentrer de suite chez eux, mais ils furent peu nombreux.' Les autres en dissertèrent longuement, mais ils ne voulurent point perdre le bénéfice de l'excellente cuisine préparée par le nommé Chapelot.

Ce marchand de vins dont une sentence de la police a légué le nom à notre indulgente mémoire semble avoir été un assez fin matois. Il avait bien répondu au commissaire qu'il ne « sçavait ni les noms ni les qualités des personnes qui étaient chez lui », mais il se garda bien de se rendre à l'assignation, qui lui fut faite par exploit de Joseph Agnus « Huissier à verge au dit Chastelet », de comparoir à l'audience. Qui sait ? Les procureurs du Roy, sans recourir à la torture, ont mille façons de faire parler un traiteur, et il est permis de croire qu'il préféra obéir à se^ clients en ne risquant

point un interrogatoire qui pouvait être dangereux pour tout le monde. C'est par défaut que ledit Chapelot « non comparant, quoique dûment appelé » fut aussi sévèrement puni. Le châtiment lui coûta peu en somme, car nous avons une lettre du f.\ De Gonor du 30 octobre de la même année qui nous apprend que « les frères de cette loge l'ont rembourcé de ramande; et il sera sans doute dédommagé de l'interruption de son commerce ». Ne plaignons pas trop Chapelot, il est vraisemblable qu'il connaissait, et depuis longtemps, la qualité de ses convives, et qu'il assuma son rôle de victime avec un sens des affaires bien louable chez un cabaretier.

En somme le bruit fait autour de leurs assemblées, indisposa les « frey-maçons». Nous entendons pas par ce mot qu'elle

les gêna. D'abord ils durent modérer leur prosélytisme ; et un abbé Le Camus qui remplissait avec une égale ferveur les devoirs de franc-maçon et d'aumô nier des gardes du Corps, se prête avec une amabilité toute conciliante aux entorses faites à l'ordonnance royale :

a Elle (la Société) — dit-il — a besoin d'un apologiste qui puisse désabuser le public On nous suit partout pour nous trouver en contravention ».

Et il ajoute :

« On a cependant. . (et il faut noter la grâce ecclésiastique de cet adverbe) on a cependant reçu à huis clos et bourgeoisement, huict personnes distinguées par leur naissance et leur mérite, après quoi, il a été décidé par plusieurs que ces chambres de vacation pourraient encore devenir suspectes et qu'il était plus prudent de refuser toute audience, quoique le prince de xMonaco la sollicite .»,

Et le f... Castagnet écrit de son côté : « Nous tenons mardy loge, nous recevons deux auditeurs, un maistre des comptes et un mousquetaire noir, le tout avec magnissence (sic), la décense et secrètement ».

Une autre cause de gêne est la nécessité où se trouvent les loges, qui ne se soucient point de se dissoudre, de changer souvent le lieu de réunions. Et ce n'est point tant la difficulté de trouver une pièce convenable qui les inquiète (les frères du xvin0 siècle se préoccupaient moins de la décoration et de l'ameublement de leur local que les francs-maçons modernes, et ils s'entendaient à créer un temple avec une figuration peu encombrante). Non. Ils trouvent surtout regrettable de ne pouvoir faire d'approvisionnement. Il n'est point de bons travaux des « Frey-Maçons » qui ne se terminent à table.

Les Francs-Maçons mangent bien et boivent bien. C'est là un point qui n'est pas contesté. Le sieur Chapelot devait être un traiteur émerite pour avoir mérité leur confiance. Si la chose n'avait pas été dangereuse il aurait de toute évidence inscrit volontiers au-dessus de son enseigne « Au rendez-vous des Francs- Maçons » pour attirer la clientèle des gourmets. C'eût été là une recommandation d'une efficacité certaine. Le chansonnier tranc-maçonnique, qui est extrêmement riche, se compose surtout de couplets bachiques. A Arras, qui fut une des premières villes de France, sinon la la première, où la franc-maçonnerie se manifesta, le secrétaire perpétuel de l'Académie de la Ville, Harduin, plaisante les « travaux de mastication » avec un humour qui vaut d'être rappelée :

Vos ventres sont des édifices Que votre main s'occupe à cimenter : Le grand art, le seul art que chez vous on

[pratique, C'est d'apprendre sans cesse à devenir gour-

[mets, Et de manger d'excellents mets Assaisonnés de sel attique. .

[SMèmoires de l'Académie d'<4rras.

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