I. Times àw 28 août. La lettre est datée de Berlin, 27 août
les fausses poteries moabites, avait eu l'ingénuité, avant de se présenter à Londres, d'aller offrir son nouveau trésor au musée de Berlin.
Naturellement on le repoussa avec perte : Ton était payé, ou plutôt Ton avait payé pour cela.
C'est alors seulement que M. Shapira s'était rabattu sur l'Angleterre, où il trouva un tout autre accueil.
Les savants allemands à qui le manuscrit avait été soumis, et qui l'avaient rejeté après une heure et demie d'examen, n'avaient pas cru^ pour des raisons dont l'appréciation ne m'appartient pas, devoir intervenir, même par un simple avertissement, dans une question qui passionnait l'opinion publique à Londres. L'on en attendait silencieusement l'issue à Berlin et autres lieux, en riant charitablement sous cape de la paille qu'on apercevait dans l'œil du voisin.
« Ce qui amuse tout le monde savant de cette capitale, dit en terminant le correspondant de Berlin, c'est que la répétition
à Londres de la tentative littéraire (de M. Shapira) ait paru si longtemps osciller entre le succès et l'insuccès. »
Cette révélation tardive, mais instructive à divers égards, n'a pas été du goût des panégyristes à outrance du Dr Ginsburg.
VAthenaum (i) la relève sur un ton qui ne manque pas d'une certaine amertume.
« Le télégramme adressé de Berlin au Times sera lu avec beaucoup de scepticisme. Il est très curieux que les savants professeurs de Berlin, ayant reconnu la fraude en une heure et demie, aient oflFert d'acheter les fragments (2) ; et qu'ayant lu pendant plusieurs semaines, dans les journaux allemands aussi bien que dans les journaux anglais, des récits de la sensation causée par le manuscrit, ils n'aient pas envoyé un mot d'avertissement aux