I. Daily News du 31 août
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Grâce à ces manœuvres destinées à sauver les apparences en égarant l'opinion du public anglais, le Dr Ginsburg passa aux yeux de beaucoup de gens pour avoir eu l'honneur de découvrir une fraude qui menaçait de prendre des proportions colossales.
Ce fut dans les feuilles anglaises un concert d'éloges à son adresse. Rien n'a manqué à sa gloire, pas même les lauriers satiriques décernés par le Punch (i) aux hommes qui ont bien mérité de la patrie.
I. 8 septembre. Le Charivari dt Londres représente le aetective Ginsburg empoignant M. Sharp^ eye-ra à la porte du British Muséum.
L'Illustrated London News du 25 août et \q Graphie du i^' septembre donnent des fac-similés du manuscrit Shapira, et même la vue de la localité de Palestine d'où il était censé provenir I Les clichés, commandés à l'avance, au moment où l'on croyait à l'authenticité, auraient pu, tout aussi bien, et mieux encore, être mis en œuvre, si cette au-
Cet honneur et cette gloire, je les lui laisse bien volontiers, mais à une condition pourtant : c'est que ce ne soit pas ma réputation d'honnête homme qui serve de piédestal à son apothéose.
Puisque la question de priorité a été imprudemment posée par ses partisans trop zélés, je me vois forcé d'interpeller publiquement le Dr Ginsburg et de lui demander s'il acquiesce, par son silence, aux imputations graves dirigées "contre moi ; s'il croit réellement que je lui ai dérobé une démonstration qui lui appartenait ; s'il est bien sûr de n'avoir pas été au contraire, jusqu'à un moment qu'on pourrait déterminer, fort. .. hésitant devant la supercherie qu'il a si solennellement démasquée... six jours après moi ; s'il n'aurait pas, par hasard, exprimé à des personnes qui pourraient en témoigner, une opinion sanguine^ comme disent ses
thenticité n'avait pas été battue en brèche par mes démonstrations. C'est l'histoire du fameux sabre de M. Prudhomme qui lui sert à défendre les institutions et, au besoin, à les attaquer.
compatriotes, sur l'authenticité du manuscrit.
Cette mise en demeure est le seul moyen de faire cesser une équivoque que je ne saurais pour ma part tolérer plus longtemps.
Si le Dr Ginsburg accepte expressément le rôle que lui attribuent les journaux de son pays, rôle qu'il a jusqu'ici accepté tacitement; s'il assume la responsabilité d'accusations qu'il aurait dû être le premier à désavouer, il ne lui restera plus qu'à répondre aux questions suivantes:
Pourquoi, s'il était, dès le début, en possession de la vérité, a-t-il mis plus de trois semaines à la faire connaître ?
Pourquoi n'a-t-il pas commencé par avertir le public que le document dont il livrait au jour le jour des traductions à sa curiosité avide était un document faux, et qu'il l'avait diagnostiqué comme tel from the very beginning ?
Pourquoi des spécimens de ce document^ s'il était reconnnu faux, ont-ils été exposés au British Muséum ?
Pourquoi n'a-t-on pas pris, au moîns^ la petite précaution (informer le bon public qu'ils étaient là à titre d'échantillons du savoir-faire d'un faussaire , un peu comme les bank-notes et les pièces de monnaies fausses qu'on expose à la Banque ?
Pourquoi, enfin, ces spécimens ont-ils disparu de la vitrine précisément le lendemain du jour où j'en démontrais la fausseté ?
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L'épilogue, sinon la morale de cette histoire, nous est fourni par une correspondance adressée de Berlin au Times (i), peu après la publication de ma lettre suivie du rapport du Dr Ginsburg, correspondance commençant par ces mots : « Le monde savant s'amuse énormément ici de la controverse qui vient de se déchaîner à Londres au sujet des prétendus manuscrits bibliques apportés de Jérusalem par M. Shapira. »
Il paraît, en eflfet, à ce que nous apprend l'auteur de cette correspondance, que M. Shapira, le même qui avait vendu à l'Allemagne, il y a une dizaine d'années,