‹ Les frayeurs de Tigruche [microforme]Chapitre 6 sur 19 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

VERLUISANT, LÉANDRE.

VERLUISANT. —Et maintenant, aide-moi à enlever toutes ces perruques. (47 les décroche.) I ne faut pas que Tigruche se doute de mon ancienne profession.

LÉANDRE. — Comment, monsieur... vous qui, tout à l'heure en étiez si fier !.…

VERLUISANT.— J'en suis toujours aussi fier... mais puisque Tigruche a en horreur les perruquiers…. il est inutile de lui rappeler cette légende que sa nourrice a eu l’imprudence de lui raconter, à l’âge de six mois !

LÉANDRE.—Quelle légende ?..

VERLUISANT.—Loa légende de la rue des Marmousets !... Comment, tu ne la connais pas!

C'est épouvantable !... (77 pose les perruques sur la table.\ Ça remonte au moyen âge, c'était en l'an douze cent... Un perraquier, un vrai brigand, qui demeurait au numéro 24, rue des Marmousets,

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faisait un trafic abominable. Il s’emparait de ses clients et les égorgeait sans pitié avec son rasoir. Il avait pour complice un pâtissier encore plus brigand que lui. Ces deux monstres, avec tous les pauvres diables qu'ils égorgeaient ainsi, faisaient des pâtés de jambon qu'ils vendaient à tout venant...

LÉANDRE.—Je ne la connaissais pas, cette légende !... (77 va à la table.)

VERLUISANT.—Eh bien ! tu la connais, maintenant ! (Xeprenant ses perruques.) Où vais-je mettre mes perruques ?.. Ah! là... dans ce meuble. (77 les met dans le meuble, à la gauche du lit. Allant à la cheminée.) Et ma marquise? Dans cette boîte à chapeau. entortillée dans le tablier que cet imbécile d’Adolphe a oublié... (Zéandre attache le tablier taché de rouge d Adolphe, au cou de la poupée qui, échevelée, a l'air ainsi d’une personne assassinée.) Comme cela, elle ne s’abîmera pas. C'est fait. Ah !... et mes rasoirs ?... Egalement dans la boîte à chapeau... (72rant sa montre.) Neuf heures moins le quart !... Tigruche va arriver !.. Léandre... ma canne... mon chapeau ! (Léandre les lui donne après les avoir pris dans le cabinet dent la porte est au fond, à droite.) Sapristi .. j'oubliais... Bécardin me dit que Tigruche adore la musique... Il serait indispensable d’avoir un instrument quelconque. Sais-tu pincer de la guitare, Léandre?.….

LÉANDRE.—Je ne sais pas... je n’ai jamais essayé |. |

VERLUISANT.--Ah ! madame Godiveau, la patronne d’Adolphe, a une vieille harpe... je vais aller la lui emprunter... A tout à l'heure. je reviens dans l'instant... mets le couvert en attendant. (77 surt à gauche.)

nd 0e SCÈNE V.

LÉANDRE Puis ADOLPHE.

LÉéANDRE (sew/).—]Je veux bien mettre le couvert puisqu'il l'exige ; mais ça n'empêche pas qu'il faut être furieusement détraqué pour vouloir donner sa fille à un idiot... (77 prend la boîte à chapeau dans laquelle est la tête et va la déposer devant la cheminée.)

ADOLPHE (entrant; 1 porte une harpe dans sa housse, uneclarinette et un pâté dans du papier) — Il n’est pas là mon vieux porc-épic de parrain ?

LÉANDRE (gui met le couvert).--Il va revenir !.…..

ADoLPHE.—V'là la guimbarde qu'il vient d’emprunter à madame Godiveau…. (77 pose la harpe à gauche, près de la cheminée.) avec la clarinette du père Godiveau !.. (77 a pose sur la table.) plus un pâté qu’il vient d'acheter. (Même jeu.)

LÉANDRE (continuant à mettre le couverti.—Une clarinette !... Pourquoi faire ?...

ADpoLpHr.—Est-ce que je sais, moi? Il a demandé des instruments de musique à la patronne... elle lui envoie ce qu’elle a chez elle !... Il va donc donner un concert, ma vieille perruque de parrain |

LéanDpre.—C'est pour plaire à ce Tigruche !.…..

ADpoLpnEe.—Comment! c’est pour plaire à mon rival, nom d’un nom! (7/7 va pour jeter la harpe par terre.)

LéANDRE (/ retenant).—Oh ! ne l’ahîmez pas.

M. Verluisant serait furieux |...

ADOLPHE (retirant la housse qu'il laisse tomber à terre).—Et où faut-il la mettre, cette machine-là ?

LÉANDRE (a//ant à la porte du fond, à droite). — Ici, dans le petit cabinet !... (Ado/phe place la harpe dans le petit cabinet.)

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ADOLPHE.—Et la housse... là oùsqu'il faut la mettre ?..

LÉANDRE.—Où vous voudrez... sur un fauteuil... n'importe où |...

ADOLPHE.—Ah ça! mais j'ai donc un parrain complètement dépourvu d’entrailles ?.. Ah! je voudrais qu’il fût là, mon vieux chenapan de par: rain... je lui dirais.

VERLUISANT (dans la coudisse)—Par ici, mon gendre... par ici!

ADOLPHE (ca/mé tout à coup).—Qu'est-ce que c'est que ça ?...

LÉANDRE (a/ant à la porte du fond).—C'est lui! Vous êtes perdu, s’il vous trouve ici.

ADOLPHE (&Aurt).—-Où vais-je bien pouvoir me cacher ? (Ouvrant la porte du fond, à droite.) Ah! dans le cabinet !.….

LÉANDRE.—Non, pas là !... En allant accrocher son habit, il pourrait vous trouver !.….

ADOLPHE (a/{ant à la porte, premier plan à droite). — Alors, dans cette chambre !..

LÉANDRE. — La fenêtre est grillée... vous ne pourriez plus sortir...( Voyant la housse restée près de la cheminée.) Ah! une idée !... Tenez... mettezvous dans cette housse... et imitez la forme de l'instrument !... (77 prend la housse et fourre Adolphe dedans, puis lui donne la clarinette. Voir le croquis à la fin de la brochure.)

ADOLPHE (dans la housse'.—Ça y est!... Mais pourvu qu'en qualité de harpe, je ne me fasse pas pincer !

LÉANDRE (se mettant devant Adolphe). était temps !... Les voici l...

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