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VERLUISANT (/sant).—“* M. Verluisant, rentier, 3, rue du Rocher... Paris!”— Tiens ! elle vient d'Elbeuf!.… (27 l'ouvre et va s'asseoir à la droite de la table.)
ADOLPHE (à part, à gauche).—D'Elbeuf!... (4 Léandre, bas.) Oh! Léandre!.. mon sort va se décider ! Je tremble comme une gelée au rhum’...
LÉANDRE.— Pourquoi ?
ADOLPHE.—Parce que, n’osant avouer à mon parrain la flamme que je nourrissais pour sa fille, j'ai écrit à mon oncle qui est un vieil ami de mon parrain, qu’il fasse la demande pour moi !...
VERLUISANT (Zsant). — Tiens ! tiens !... Ah!
abt. (40 m6)
LÉéANDRE.—Il est content |
ApoLpnE.—C'est qu'il consent |... Ah ! Léandre ! il était temps, va! Je desséchais.. je devenais maigre comme un clou... je faisais boulettes sur boulettes !.. Hier encore... j’entre chez un marchand de tabac, pour acheter un timbre-poste et un cigare. sais-tu ce que j'ai fait P...
LÉANDRE.—Non !...
ADOLPHE.— J'ai allumé mon timbre-poste et j'ai jeté mon cigare dans la boîte aux lettres !
LÉANDRE (riant).—Pauvre garçon !
VERLUISANT (appelant et se levant).—Léandre !
LÉANDRE.—Monsieur !
VERLUISANT.—-Grande nouvelle !.. Je vais marier ma fiile |!
ADOLPHE.—Comment ! vous consentez? Oh !
Oh! parrain ! parrain !... (77 l'embrasse.)
VERLUISANT.—Laisse-moi donc tranquille, animal !.. Certainement, que je consens !... Un parti superbe !
ADOLPHE (#odestement).—Superbe... Vous exagérez, parrain !... Magnifique, tout au plus !
Rs, ASIE
LÉANDRE.—Alors ce mariage vous plaît ?
VERLUISANT.—C'est-à-dire qu'il m’enchante.
ADOLPHE.—HEt moi qui n'osais pas vous en parler !.. Ah! tenez, parrain... faut que je vous rembrasse !... (77 lui saute au cou.)
VERLUISANT (se garant du tablier d'Adolphe).— Est-il embêtant, ce pâtissier-là !... 1l va tout me peinturer.. comme mon plancher.
ADOLPHE.—Et quand ça se fera-t-1l ? (77 essute ses mains à son tablier et Le jette néglicemment sur la boîte à chapeau.)
VERLUISANT.—Quoi ?
LÉANDRE.—Le mariage.
VERLUISANT.—Eh bien !... dès que le futur, le jeune Tigruche sera arrivé... .
ADOLPHE (auri). —Commen’, Tigruche? Ce n’est donc pas moi P
VERLUISANT.—Toi?... Est-ce que tu te figures que je vais donner ma fille unique... ma Lucette… à un apprenti gâte-sauce?... Léandre, écoute la lettre de mon vieil ami Bécardin…
ADOLPHE (fombant sur la chaise, près de la table).—Ce n'était pas moi |
VERLUISANT.-—-Adolphe..… éclaire-nous !
ADOLPHE (prenant le flambeau).—1 faut que je l'éclaire.. et ce n’est pas pour moi!... (7/5 occupent tous les trois le milieu de la scène.)
VRRLUISANT (Zsant).-- Mon vieil ami !... Je “ crois avoir trouvé pour ta fille un parti des plus “ convenables.. c'est un jeune homme d’Elbeuf, & à qui il est arrivé un léger accident dès sa nais- “ sance. A l’âge de six mois, sa nourrice ayant eu & limprudence de lui raconter la fameuse légende “ de la rue des Marmousets,il en conçut une telle “ frayeur qu'il en devint très pâle; et depuis ce “ temps, il ne peut entendre parler de perruquiers
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“et de pâtissiers sans perdre complètement la Ta tête, ”
LÉANDRE-—-I] perd complètement la tête ?.…
VERLUISANT (continuant), — “ Un spécialiste ‘ayant été consulté, prétendit qu'il serait guér1 ‘“ de cette infirmité, le jour où il éprouverait une ‘ émotion aussi forte que celle qui lui a enlevé ‘“ momentanément la raison.” (Adolphe approche trop près la bougie et brûle Verluisant. ) Fais donc attention, imbécile..….tu me brûles !...(Confinuant. ) ‘Il a vingttrois ans et quinze mille francs de “rente. Le portrait de ta fille lui plaît. 1l arri- ‘ vera demain soir à neuf heures, par la gare ‘ Saint-Lazare. ”
ADOLPHE.—Qui çà? Le portrait ?...
VERLUISANT.—Mais non !.. Tigruche !... (Cowtinuant.) “ Tu le reconnaîtras à sa figure pâle, à ‘son parapluie rouge et à son goût prononcé ‘ pour la musique. Ayant en horreur les pâtissiers ‘et les perruquiers, j'ai cru devoir lui cacher ton ‘ancienne profession... d’ artiste coiffeur... Je lui ‘ai dit que tu avais fait ta fortune dans les peaux ‘ de lapin, avec lesquelles, je suis ton vieil ami : ‘ Bécardin !...” (Adolphe approche tellement la bougie que la lettre s'enflamme.—ÆFurieux.) Anïmal !.….
ADOLPHE (a//ant reposer la bougie sur la table).— Mais je le connais, moi, ce Tigruche! Il a une Fe Le pierrot..il est affreux !... (77 remonte au fond.) I est blanc comme un navet !.
LÉ a ——ÆEt puis d’ailleurs, mademoiselle Lucette ne voudra pas d’un homine qui perd la tête la moitié du temps.
VERLUISANT. — Mais le spécialiste a prétendu qu'il ne fallait qu'une émotion pour le guérir de cette infirmité.. et dame...
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LÉANDRE. — C'est possible, mais pensez-vous que mademoiselle Lucette tiendra beaucoup à lui procurer des émotions P...
ADOLPHE.——Voyons, parrain... vous ne pouvez pas “acrifier un filleul à qui vous avez fait peinturer votre plancher... ça ne serait pas convenable,
VERLUISANT.—Fiche-moi la paix, toi !... Tournemoi les talons, et plus vite que ça !..
ADOLPHE.—Mais.….
VERLUISANT.— Assez !.. Je te chasse, marmiton !.…
ADOLPHE.—Marmiton !
VERLUISANT.—Va-t'en !... (71 Ze prend par les épaules et le chasse. — Adolphe sort par le fond, gauche.)