‹ Les frères AnguierChapitre 3 sur 18 · OEUVRES DE FRANÇOIS ANGUIER · texte numérisé non relu

OEUVRES DE FRANÇOIS ANGUIER

Tombeau du duc et de la duchesse Henri de Montmorency. Groupe de marbre. IL 7'", 10.

{Chapelle du lycée, ancienne Visitation, à Moulins, à gauche du maitre-autel.)

Un haut et large revêtement de marbre tapisse de la base au faîte toute la muraille de l'abside depuis la nef jusqu'au marbre de l'autel. Le milieu de ce revêtement est creusé de deux niches à ses extrémités et d'un carré en forme de cadre au centre ; niches et carré sont séparés par quatre grosses colonnes en marbre noir. Au-dessus, un fronton flanqué de deux candélabres funéraires est dominé par les armoiries sculptées de la famille de Montmorency, devant une draperie que soutiennent deux anges. Dans le cadre du centre, deux petits génies accrochent aux deux coins des guirlandes

conservés au Musée du Louvre et ont été reproduits très exactement dans la publication de M. Henry de Chemievières : Les dessins du Musée du Louvre (Paris, in-4°, t. II, 1882), on est frappé de l'identité des personnages, et l'on ne peut s'cmpèclier de déclarer que les « deux artistes » ne sont point les deux frères Anguier, mais Nicolas de Plaltc-Montagne et Jean-Baptiste de Champagne, nés tous deux en 1631. Et il ne peut y avoir le moindre doute sur l'attribution des dessins que possède le Musée du Louvre.

de fleurs qui s'enroulent autour d'une urne. Les deux niches sont garnies de deux statues debout; celle de gauche est un jeune homme représentant Mars, dieu de la guerre; celle de droite est une représentation de la Pitié. Au-dessous et à la base même du monument, deux autres figures de taille plus considérable (haut. 2m,10) sont assises; à gauclie, un Hercule au repos ; à droite, une Charité en action. Au devant de cette muraille entièrement sculptée, se présente le tombeau, vaste coffre mortuaire en marbre noir, convexe à sa partie inférieure et soutenu par deux pieds de marbre taillés en courbe et cannelés au-dessus d'un piédestal. La table, formée par la surface unie du tombeau, est occupée tout entière par deux figures de grandeur naturelle, celles du duc et de la duchesse. Le duc est étendu, le buste relevé et le bras appuyé sur un casque; la duchesse est assise dans l'attitude de la résignation. Tous deux sont tournés à gauche et vus presque de face; lui, tète nue, en costume de combat; elle, un voile blanc sur la tête, les mains jointes et étendues sur une longue robe à mille plis.

Ce monument a été gravé plusieurs fois :

1° Gravure par Marot, in-folio.

2° Lithographie Desrosiers, à Moulins (vers 1829), d'après un dessin de Thouars.

3° Gravure au burin anonyme {Bibliothèque nationale, manuscrits, collection Clairambault, XXI, n° 1203).

4° Lithograpbie J. Berthet (vers 1850) ; Dvfour del. (impr. Martial Place à Moulins), insérée dans Y Allier pittoresque de M. T. de Jolimont.

5° Lithographie H. Cbapuis (vers 1880); Bertrandsc, inséré dans l'ouvrage d eM. Em. deMontégut : En Bourbonnais et en Forez, 75.

6° Gravure au burin, reproduction dun° 2, nouveau tirage, paru dans le Bulletin de la Société d'émulation de l'Allier, t. XVI (] 882), 1, 605 (impr. C. Desrosiers).

7° Enfin, le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale possède (collection Clairambault, XXI, n° 1204) un dessin du même tombeau à la plume, lavé à l'encre de Chine et à la sépia.

Montmorency (Henri II, duc de), amiral et maréchal de France. Statue plâtre. H. lm,06.

[Musée de Versailles, galerie 0G, n° I8G3.)

Il est représenté à demi couché. — Le monument original, par François et Michel Anguier, est placé aujourd'hui dans la chapelle du lycée, à Moulins. Voir le sujet précédent.

Montmorency (Maria-Félice Lrsini, duchesse de). Statue plaire. H. lm,15.

{Musée de Versailles, galerie 96, n° 1864.)

Elle est représentée assise. — C'est elle qui, veuve de Henri II, duc de .Montmorency, se retira dans un monastère des filles de Sainte-Marie, à Moulins, où elle fit éiever en 1652, par François Anguier, un magnifique mausolée à son époux.

Jacques-Auguste de Thou, historien, président à mortier au Parlement de Paris, mort en 161 7. Slaluede marhre. H. 1"',45.

Elle provient du tomheau de de Thou, dont l'efligie, ainsi que celle de ses deux femmes, était placée dans une chapelle, à l'église Saint-André des Arcs (Germain Urice, III, p. 218). Après la destruction de ce monument, les fragments de cos sépultures furent transportés au Musée des Monuments fiançais (Lenoir, t. V, p. 55, pl. 177) et y furent réunis. Après 1816, ces statues restèrent en dépôt dans les magasins de l'Ecole des Beaux-Arls, d'où Louis- Philippe les fit retirer pour les placer au Musée de Versailles (Notice des sculptures, 1839, n° 290), aile du Midi, galerie 139. (Musée des Monuments français, n° 165 ; aujourd'hui au Musée du Louvre, sculptures françaises du moyen âge et de la Renaissance, n" 191.) Il est représenté à genoux, tète nue, couvert d'un long manteau qu'il relève de la main gauche ; de la droite, il feuillette un livre posé sur un prie-Dieu, qui est composé d'une figure d'ange en console renversée.

Outre la gravure de Percier (dans l'ouvrage de Lenoir), il y a une autre reproduction du monument de de Thou, anonyme, dans l'ouvrage de Piganiol de la Force, t. VII, p. 90. Une réduction en a été donnée par M. L. Courajod {Alexandre Lenoir , son journal et le Musée des Monuments français, t. II, 1883, p. 143).

Gasparde de la Châtre, seconde femme du président de Thou, mariée en 1602.

Statue à genoux en marhre. H. l'",36.

(Musée de Versailles, galerie 150, n" 2729.)

Elle provient du tombeau Je de Thou (voir le précédent).

Gravée au trait par Lagée (Annales de Landon). Cf. la Galerie historique de Versailles, dessin de Girardet, gravé par Conquy.

L'Histoire inscrivant le titre des œuvres de Jacques de Thou. Bas-relief en bronze. L. lm,22; H. 0m,33.

Il provient du tombeau de de Tbou (voir le précédent).

(Musée des Monuments français, n° 165; aujourd'hui au Musée du Louvre, sculptures françaises du moyen âge et de la Renaissance, n° 192.)

L'Histoire, sous les traits d'une femme ailée, demi-nue, est assise et écrit sur une tablette que soutient un jeune enfant, ces mots :

IACOBI AVGVSTI THVANI HISTORIARVM SVI TE.Y1PORIS LIBRI CXXXVIII. Un

petit enfant, tenant une couronne et une branche d'olivier, entoure du bras gauche le cou de celui qui supporte la tablette ; un autre, ayant à la main une longue trompette, s'avance pour lire les mots qu'a tracés l'Histoire. A l'extrémité de gauche, trois génies entassant des livres; à l'opposé, d'autres génies tiennent une balance, représentant l'équité de l'historien, une épée et un faisceau d'armes, en personnifiant la vigueur et la fermeté.

Henri Chabot, duc de Rohan, gouverneur d'Anjou. Groupe en marbre. H. 0m,80; L. ln',78.

(Musée de Versailles, galerie 96, n° 1874.)

Mort à trente-neuf ans, en 1655, il fut enterré dans la chapelle d'Orléans, à l'église des Célestins de Paris, a II est représenté, mourant, enveloppé dans son manteau ducal, dont un génie ailé le couvre en gémissa.it pendant qu'un autre, également affligé, lui soutient la tête au moment de le déposer dans son tombeau. » (Millin, Antiquités nationales, I, n°III, pl. Il, p. 55.) La gravure est de G. Ph. Carpentier.

Gravé jadis par Marot, in-folio, et aussi par Hérisset (planche annexée à l'ouvrage de Piganiol de la Force, tome IV, p. 208).

Cf. dans le Catalogue raisonné du Musée des Monuments français, de Lenoir, t. V, pl. 181, une reproduction, signée L. Guyot, du groupe de marbre qui avait été déposé dans ce Musée. —

Cf encore dans la Galerie historique de Versailles un dessin de Hébert, gravé par Aug. Blanchard.

Monument funéraire des ducs de Longueville. Groupe en marbre. H. 4m,35.

[Musée du Louvre, sculptures du moyen âge et de la Renaissance, n°» 178 à 190.)

Ce monument se compose d'une pyramide de marbre blanc dont les quatre faces sont décorées de figures et de trophées destinés à rappeler la gloire militaire de la maison de Longueville et ses goûts pour les sciences, les lettres et les arts. Les quatre figures allégoriques qui accompagnent les angles du piédestal, posées debout, sont : 1° la Force, portant une massue; 2° la Prudence, semblable à celle que l'on peut voir a Eu, tenant un serpent et un miroir; 3° la Justice, armée de faisceaux et d'une hache; 4° la Tempérance.

Ces statues ont pour hauteurs respectives : l-'^SO, l'",474, lm,403, lm,410. — Quatre bas-reliefs sont engagés dans le soubassement en dessous de chacune des figures dont ils sont les représentations symholiques ; pour la Force, c'est un lion qui terrasse un sanglier; pour la Prudence, une tète de Janus; pour la Justice, un génie tenant une balance, et pour la Tempérance, un enfant qui verse un liquide d'une aiguière dans un vase. La hauteur desdits bas-reliefs est de 0"',486; la largeur, de 0"', 372. Deux belles couronnes de fleurs taillées en relief sont encadrées dans des listels de marbre noir. JH. 0"\49; L. 0m,G2. — L'ne sorte de piédestal supporte la pyramide et repose, ainsi que les quatre statues allégoriques qui l'accompagnent, sur un large soubassement; ce piédestal, surmonté d'un couronnement où sont sculptés un sablier et deux torches renversées, est orné de deux bas-reliefs de cuivre doré. Celui qui occupe la face antérieure représente la bataille de Senlis, où Henri de Longueville défit le duc d'Aumalc, et le vainqueur y est figuré combattant au centre d'une mêlée de cavaliers armés à l'antique. L'autre est le secours d'Arqués, et l'on y voit le roi Henri IV parlant au duc de Longueville, qui est vu de dos, ayant près de lui son cheval lenu en bride par un écuyer. La hauteur desdits bas-reliefs est de 0'",406; la longueur, de 0"',758. Ce monument funéraire a été gravé parMarot {Bibliothèque nationale,

Cal), des manuscrits, collection Clairambault, XXVI, n° 1517) et par Millin {Antiquités nationales , I, n° 3, pl. 17).

Lorsque ce monument servait de sépulture aux ducs Henri Ier et Henri II de Longueville, morts en 1595 et en 1G63, et à Charles Paris d'Orléans, dernier duc de Longueville, tué en 1672, il était dans la chapelle d'Orléans, en l'église des Célestins (Sauvai, I, p. 461). Il fut transporté et rétabli dans le Musée des Monuments français (Lenoir, V, p. 107, pl. 175) ; mais lorsque les fragments enfuient rapportés au Louvre, ce fut isolément qu'ils furent exposés dans le Musée d'Angoulème (Musée delà sculpture française, par le comlc de Clarac, passim).

Cf. encore une reproduction dans le Magasin pittoresque, I (1833), p. 415.

Jacques de Souvré, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, grand prieur de France, mort en 1670. Groupe en marbre. H. lm,16; L. r\96.

(Musée des Monuments français, n° 191 ; aujourd'hui au Musée du Louvre, sculptures françaises du moyen âge et de la Renaissance, n° 193.)

11 provient du tomheau que François Anguier avait exécuté dans l'église de Saint-Jean de Latran (Guillet de Saint-Georges), alors à l'Ordre de Malle. M. Lenoir l'avait placé dans le Musée des .Monuments français (Lenoir, t. V, p. 91 et pl. 185) et en avait formé un monument en y réunissant des fragments qui sont restés à l'Ecole des Heaux-Arts, lorsque Louis-Philippe fit placer au Musée de Versailles (Notice des sculptures, 1839, n°413) la figure de Jacques de Souvré, que l'on a vue jusqu'en 1850 dans l'aile du nord, galerie n° 90.

Le grand prieur est représenté mourant, à demi couché, le haut du corps nu, Ips jambes couvertes d'une draperie; en arrière est posé un enfant dont le visage exprime la tristesse, et près des pieds un trophée d'armes rappelle les services militaires du chevalier de Malte.

Gravé a l'eau-forle par F. Marot (Bibliothèque nationale, Cabinet des manuscrits, collection Clairambault, t. VIII, n° 541).

Gravé par Hérisset dans l'ouvrage de Piganiol de la Force, t. V, p. 377, ainsi que dans l'ouvrage de Lenoir (voir plus haut), gravure de Percier.

Cf. dans la Galerie historique de Versailles un dessin de Hébert, gravé par Aug. Blanchard.

Anges couchés. Statue pierre. L. 2™, 50 environ.

[Hôpital militaire du Val-de-Grdce, à Paris; façade principale sur la cour d'honneur, au fronton.)

On peut, avec Guillet de Saint-Georges, attribuer ces figures à François Anguier, bien que Germain Brice, dans sa Description de la Ville de Paris (Paris, 1706), t. H, p. 168, considère ce fronton comme exécuté par Th. Hegnaudin. M. E. Bouchard, dans son élude sur Regnaudin [Réunion des Sociétés des Beaux- Arts des départements à la Sorbonne, t. X, Paris, Pion, 188G, p. 352), n'a pas élucidé cette question d'attribution. Il est fort possible, du reste, que, comme dans beaucoup d'autres endroits, Regnaudin ait collaboré à ces « anges couchés » avec son maître et son ami Anguier.

Anges adultes. Groupe en pierre. H. 2m,15; L. 2 mètres.

(Hôpital militaire du Val-de-Gràce, à Paris; façade postérieure sur les jardins ; angles extérieurs de la chapelle du Saint-Sacrement.)

Chacun de ces groupes comporte quatre ligures dans des attitudes diverses. Ces sculptures ont été restaurées.

Anges enfants. Statue en pierre. H. 3 mètres. [Hôpital militaire du Val-de-Gràce, à Paris; au bas de la coupole du dôme.)

Il y a seize figures d'anges qui sont debout et supportent des pots à feu.

Vase de bronze, des jardins de Versailles. H. 0"',40; L. 0m,29. Gravé par Lepautrc (1672).

[Catalogue de la chalcographie du Louvre, n° 1650.)

Ce vase en bronze est orné d'anses en lorme de volutes. Le corps du vase était orné de perles et de fieurs de lis supprimées en 1793. Il est placé dans le parterre du nord, du côté de la chapelle.

L'Espérance et la Sûreté publique.

Statues en pierre. H. 3m,60.

(Musée Carnavalet, à P.'iris; 2e escalier.)

|ElIes proviennent de la porte Saint-Antoine, démolie en 1777.]

Ces deux statues avaient été commandées à Anguier pour orner la façade orientale de la porte Saint-Antoine, que restaurait l'architecte Blonde!. Successivement déposées à l'hôtel de la Michodière en 1777, au Musée des Monuments français en 1792, elles figurent au Catalogue de Lenoir sous le n° 477 et furent al tribuées à l'église Saint-Roch lors de la dispersion du Musée. Des juges peu clairvoyants avaient cru reconnaître la Force et Y Espérance chrétiennes dans ces deux symboles politiques. Le dauphin enroulé autour de l'ancre de l'Espérance troublant un peu celte interprétation, on en fut quitte pour le raboter; et l'architecte Legrand dressa les deux statues ainsi canonisées, bon gré, mal gré, sur des piédestaux, dans l'entre-colonnement de chaque côté de la grande porte de l'église. Elles y restèrent parfaitement ignorées jusqu'aux derniers travaux de restauration en 1868, où une critique plus éclairée les fit reconnaître et apprécier comme elles le méritaient. Elles ont été transportées au Musée de la ville de Paris et rendues à leur véritable destination laïque et historique.

La belle estampe de Marot, jointe à la relation officielle de l'enlrée de Louis XIV et de Marie-Thérèse en 1660 à Paris, nous montre la porte Saint-Antoine dans son premier état avant les additions de Blondel et dans toute la splendeur de sa décoration triomphale. Les nouvelles statues de François Anguier et les anciens bas-reliefs du seizième siècle y figurent à leur place, parfaitement reconnaissables malgré la réduction du dessin.

(Nouvelles Archives de l'Art français, 2e série, t. III, 1882, p. 371-372.)

Ces deux statues ont figuré à Y Exposition universelle de 1878 (France, Beaux-Arts, n" 164).

OEl'VHES DE MICHEL ANGUIER.

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