‹ Les frères ChantemesseChapitre 57 sur 63 · PREMIERE SAVOYARDE · texte numérisé non relu

PREMIERE SAVOYARDE

Chacun le dit comme chacun le pense, Le tendre amour est Pencens du Français.

ENSEMBLE

De LOUIS la brillante santé, etc., etc.

A la fin de ce duettino, les deux petites Savoyardes, chantant et Raccompagnant de la vielle, font deux ou trois tours sur elles-mêmes en poussant l'inévitable : Ei sauta Catharina !

Sur ces entrefaites M. Scrupule revient de Versailles ; il a vu le roi et est complètement rassuré. En consé-1 quencCj il permet ans deux amants de se marier. Ce

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consentement est le signal d'un nouveau débordement de couplets* *

En tain Dam on, me faisant sa cour, Dans ses chansons me traçait l'amour; Mais il en fit une pour LOUIS :

De bon cœur je l'ouïs; Je lui sus par degré

Gré; Sur moi ce trait d'esprit

Prit; Il put do son savoir

Voir Quel était le pouroir.

— Eh benl cousin, dit Jérôme à Nicaise, comment qu'tu trouves ça, toi ?

— Moi, j'trouve ça pas mal raisonné, mais c'est pas ben difficile.

— T'en ferais peut-être autant, par hasard ?

— Pardine ! est-ce que tu m'en défies? demande Nicaise.

— - Oui, dit Jérôme.

Nicaise, plein d'assurance, se met à chanter sur le même air que précédemment des vers aussi blancs que des lis:

Moi, je n'ai jamais su ben chanter; Mais quand il faut montrer qui l'on est, Cest que je vous tire adroitement

Mon épingle du jeu.

Je ne dis qu'un seul mot Qui

LES FRÈRES CHANTEMESSR i»l

Prouve que je suis au Fait :

Nous devons chérir le Roi

Car Il nous aime tretousl

L'improvisation de Nicaise est saluée par des rires ironiques.

— Pargué ! v*là qu'est ben rimé ! s'écrie Jérôme.

— Qu'ça rime si ça peut, réplique Nicaise, c'est vrai toujours.

— Tu as raison, mon garçon, dit M. Scrupule.

— Eh ben ! mais ces alluminations en magnière d'éclaircissements, quand donc que j'verrons ça?

— Tu n'iras pas loin.

Au même instant, la toile do fond s'enleva, laissant voir un nouveau décor.

D'un côté, un buffet; de l'autre, un orchestre public;

Au fond, une espèce de temple orné de lampions, avec un fronton transparent sur lequel se détachait cette inscription : Vive le roi!

Splendeurs naïves du théâtre de la foire Saint-Germain 1

Le tout se terminait par des danses a relatives aux iifférents caractères des personnages. »

V Impromptu du cœur fut la seule manifestation de ce genre.

Y avait-il une consigne pour les autres théâtres ? Cela 2st probable. On devait craindre de se heurter à l'indifférence du public, et l'on se contenta de cette timide épreuve dans un coin de la foire Saint-Germain. Encore n'eut-on pas lieu de s'en féliciter complètement; les journaux d'alors malmenèrent la pièce de l'Opéra-Gomique et la qualifièrent d'inconvenante.

L'Impromptu du cœur devait être le dernier ouvrage de Vadé, qui mourut cinq mois après.

Il n'avait que trente-sept ans.

On ne dit pas si Louis XV eut une parole de regret pour son pauvre poète*

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