ÉPILOGUE
Ceux de mes lecteurs qui ont bien voulu s'intéresser à quelques-unes des personnes qui figurent dans cette histoire, trouveront ici lès renseignements que j'ai pu recueillir sur la plupart d'entre elles.
La première de toutes, Marthe de Crespy, épousa le chevalier Pierre de Ghantemesse. Le mariage se fit sans éclat, le soir, dans l'église Saint-Nicolas-sur-les-Fosséset-du- Vivier, à Arras. Il n'y avait d'autres témoins que les parents» %
Marthe fut-elle heureuse?
Pierre fut-il heureux?
C'est le mot qu'on attend, et c'est le mot que je ne saurais dire.
J'incline à croire que leur bonheur ne fut pas exempt d'une certaine mélancolie, et que plusieurs fois le passé vint projeter son ombre entre eux. Us ne s'étaient pas mariés à temps.
Marthe écrivit plusieurs fois à Mma Adélaïde. Elle se souvenait avec reconnaissance de la protection que lui avait accordée la fille* de Louis XV. Malheureusement ces lettres ne sont pas tombées entre nos mains.
Le chevalier de Chantemesse alla vivre à la campagne avec sa femme. Il fut initié par son frère aux travaux de l'agriculture, et il devint lui-même un de ces élégants et savants fermiers dont la race s'est perpétuée jusqu'à nos jours.
Le comte de Chantemesse resta garçon.
Voilà pour nos personnages de la province.
Le sort de nos personnages de Paris est.inscrit à chaque ligne dans l'histoire. Il serait superflu de dire ce que devinrent Louis XV et la marquise de Pompadour. Qu'il suffise de mentionner les deux principaux résultats de l'attentat de Damiens : l'exil de l'archevêque de Paris et l'expulsion des jésuites.
Et la France, avec son cortège de courtisans aveuglés, de femmes affolées, de financiers insolents, de juges vendus, de généraux battus, la France continua de marcher cahin-caha vers une révolution patiemment et sûrement préparée par ce petit groupe d'hommes qu'on appelait philosophes.
Fin