SCÈNE YII
NICOMÈDE, puis FERDINAND.
NICOMÈDE, seul. Elle n'a pas jeté le masque... mais je m'en ris... il faut que je triomphe!. ..me voilà vicieux! et je tiens à l'être complètement !
FERDINAND, culranl. Oh ! oh ! un homme ici !
NICOMÈDE. Quelqu'un!
FERDINAND. Eh! mais , celte figure....
NICOMÈDE. Tiens, n'est-ce pas vous, monsieur, à qui j'ai gagné hier au soir?...
FERDINAND. Une dfmi-tasse au café Vachette !
NICOMÈDE. En cent cinquante aux dominos!
FERDINAND. J'étais abonné au double six.
NICOMÈDE. Et moi au double blanc.
FERDINAND. Je ne me serais jamais attendu à vous rencontrer...
NICOMÈDE. Ni moi!... Vous connaissez quelqu'un dans ce logis?
FERDINAND. Et VOUS ?
NICOMÈDE. Oh ! moi !.. c'est toute une histoire !.. Une rencontre avec une jeune dame...
FERDINAND. Une jeune dame ?..
NICOMÈDE. Ça vous intéresserait fort peu et j'ai bien l'honneur... [Il va pour sortir.}
FERDINAND. Au Contraire !.. permettez... Une jeune dame? J'adore ces petites chroniques-là... cl s'il n'y a pas d'indiscrétion !..
NICOMÈDE. Aucune .litres la demi- tasse que vous m'a>ez payée!.. Je passais tout à l'heure dans la rue !.. Elle était à sa fenêtre ! Son mouchoir tombe à mes pieds... Je le rapporte, comme un véritable terre-neuve pourrait le faire... et je trouve ici... devinez qui ?..
FERDINAND. Sou portcur d'cau ?
NICOMÈDE. Non, son monsieur !
FERDINAND. Quel monsicur ?
NICOMÈDE. Celui qui la subventionne !
FERDINAND. Ici daus ce salon ?
NICOMÈDE. Ici même, un petit maigre !.. qui se mit à m'interrog!^r... Il faut vous d re que je l'avais connue à Dieppe !
FKuriNvND. I c petit maigre ?
NICOMÈDE. Non !.. Soph'c ! la jeune dame !
LES IRKHES DONDAINE.
FiiRiUNA.ND. Saillie ;*
MC(nM:r)K. Ou Kiisi, pou m'impuilf !
Fi;ui)i.\.\.\D. Ksl-ce Klisa ou S i;)l;if :' MCOMÈDii. S )pliie à l'iiris ! Klisa a Dieppe I..U110 rouerie, vous comprenez ?
i'KiU)i\AND, à pari. J'ai froid dans le dos ! Mco.MÈDE. C'est drôle, n'esl-ce pas ■' Vous allez voii! Le vieux me drelare ([lie celle femme lui de- %ieiil lourde, (ju'il en a par-de.-sus la lèle cl qu'il aul')risc la CMniiurcnce avec Ions ses Uéveloppeniens. FKî'.Di.NAM), ri fjiirl. Quel esl ce vieux reptile ? MCO'\;i:DK. Ali ! monMiur, moi qui croyais qu'lilia éîail un vase d'innoccnee.
f:::iu!\a.\d. C'est (ionc Klisa ?
MCOMÈDK. Ou Sophie !.. puisque c'est la même!.. .l'eiai.s furieux d'abord !.. Mais quand j'ai été seul avec 0'. !;•...
FKKDi.\'A.\D. Ah ! vous êtes resté fciil... .MCii'.jÈDK. r.)rl loUp-lcMips !.. El alors vous concevez !.. La gla.c s'est fondue !.. J ai faibli !..Et ma loi...
Fi;ui)i\A.\D. Achevez !..
M (»h:di;. Que voulez-vous? Quoique i^a réputation ait perdu son veloulc, elle est toujours si jolie ! Air : /'ille du txiiscr au porleur.
(^'csl encore un fort bel ouvrage, One de sa main la nature illustra.
Livre charmant auquel inanque une paj^e, Quii'îias ! jamais (m ne remplacera,
IMais il f.iul passer sur cela !
Oui, les regrets qu'on en éprouve i\e sont pas des illusions, (>ar celte pa^e ne se trouve Que dans très peu d'éditions.
F:;r.DS.\AND, à part,. J'ai envie de l'assassiner !
McoMÉni;. Ce sera encore un caprice forl agréabe :
iKuniNAND. Un caprice!., et vous pensez qu'on ^ 01; (IV ira!'..
AîCOMiîDE. Puisqu'il y consent!., puisiju'il m'en fait iio:ia ion entre vifs!
F r:îi\and. Il en a meiiU ! c'est un imposlenrl.. cette femme est honnête, monsieur!., celte Sophie est douée de mille choses très bonnes... et celui qui s'csl \ant.>... Ah! je voudrais le voir, je voudrais le tenir là, pour lui laiieer a la face de> épillièle.sgros- ^icres !..
aiicu.>;èdë. Parbleu! lance/. !.. le vuici.