‹ Les frères DondaineChapitre 10 sur 33 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

NicoMÈDE. Madame, voilà votre mouchoir, adieu ! ÉLISA, lui burranl le passaqe. Non, monsieur, vous resterez I... Il faut m'expliquer toutes les sottises que vous me débitez depuis un quart d'heure! MCOMEDE.Vous voulcz que jo remue celte fange? ELISA. Scricz-vous jaloux, par hasard ;•*... Peutèlrc ave?-vous appris que je devais me marier?.,.

NICOMÈDE. Vous marier?... Oui, je sais à quel arrondissement.

ELISA. Ah! rassurez-vous!... c'est précisément à cause de ce mariage que je me suis échappée de chez mon oncle.

ivicoMEUE. Vous auriez mieux fait d'y rester! ÉLISA. Et si je n'avais quitté Dieppe que pour me rapprocher d'une personne dont l'absence me désolait!

JNicoMEDE. Vous regrettiez quelqu'un ?

ÉLISA. Mais oui, ingrat que vous êtes ! MCOMÈDE. C'était moi ?..= Est-ce possible.^ ÉLISA. Et j'avais tort !... car je vois bien que vous m'avez oubliée !

NICOMÈDE. Vous oublier!... moi qui depuis six semaines n'ai pas fait un bécarre sans penser à vous!...

Air : J'en quelle un pclil.

Oui, celte pensée indiscrète, Jour cl nuit troublait mon repos.

C'est en vain qu'au café Vachette J'allais parfois jouer aux dominos; J'espérais par ce jeu si sage Me délivrer d'un souv'nir plein d'appas. Mais dans le double blanc, hélas!

Je voyais encor votre image.

Mes yeux retrouvaient votre image.

ÉLISA. Bien vraiP... vous m'aimez toujours?

NICOMÈDE. Mais, l'autre!... il n'était pas nécessaire de prendre l'autre!

ÉLISA. Quel autre?... car vous êtes impatientant!

NICOMÈDE. Au fait, je vaux mieuxque lui !... j'ai moins d'or, mais je lui'd.imele pion sur bien des petites choses... et si vous me préférez... ma foi, tant pis, mon violon, ma personne, ma petite chambre... je dépose tout à vos pieds!

.SLiSA. A laboiMie heure, voilà de bonnes paroles, et je ne vous refuse pas... Dans trois mois je serai majeure... et alors...

NICOMÈDE. Nous fcrons de la musique, et nous fumerons des cigares !

ÉLISA. Nous nous marierons !

NICOMÈDE. Quelle ficélie!

ÉLISA. Vous dites?

NICOMÈDE. Va, tu seras heureuse!... c'est moi qui (Vrai ton café le matin'

ÉLISA. Je ne vnns entends plus!

NICOMÈDE, à pail.U avait raison le vieux, elle en vaul parbh u la peine !

ÉLISA. .Mais décidément vous êtes foti 1

NICOMÈDE. De toi, oui, de toi, ma Sophie !

ÉDSA. Encore Sophie!...

NICOMÈDE. Uah! jette le masque... jette le masque!... il nous gène tous les deux !

.\ir : JJe li reine des fous.

ENSEMBLE

MCnViÈDE.

Adiirous-nou.x [liii) rUis heuriui amans qu'époux {bis),

Adorons-nous {bis) Et filons les jours les plus doux.

ÉLISA

Retirez-vous {his) Je n'aimetai qu'un époux [bis).

Retirez-vous [bis].

Vous n'exciterez que mon courroux.

NICOMÈDE

Pourquoi parler mariasse, Lorsque nous avons l'amour, Ce Dieu gourmand et volage Dotil le temple est chez Vélour." Aimes-lu mieux la cam(iagne?

Tous deux courons de ce pas Eaire mousfier le Champagne Au doux abri des lilas.

IlEPRISE.

Adorons-nous, etc.

r.etircz-vous, etc.

{Elle sort par la gauche.)

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