‹ Les frères Dondaine, vaudeville en un acteChapitre 6 sur 47 · SCENE 1. S · texte numérisé non relu

SCENE 1. S

il qui voudrait le marier à une aulro... Ferdinand trcnililc devant lui, et jusqu'à présent il n'ii pas osé lui dire que j'étais sa femme!

ÉLISA

Ma chère, ton mari n'a pas de sens.

SOPHIE

Il a le cens électoral.

ÉLlSA.

Et tu as pu consentir?

SOPHIE

Il m'a tant suppliée !

ÉLISA

Oh! toi, on le fait faire tout ce qu'on veut... tu as toujours eu le caractère mouton !... mais à ta place, je lorcerais bien mon mari... D'abord, tu le dois, c'est un devoir !

SOPHIE

(l'est vrai !... Si lu savais ce que j'ai eu à souffrir !

ÉLISA

Je m'en doute! et je le conseille d'exiger dès aujourd'hui...

soriiiE.

Tu as raison ! j'ai été trop faible, il faut que ça finisse!

J'en parlerai à ton mari !...Esl-il gentil? est-il jeune?

sopniE.

Pas trop !

ÉLISA

C'est-à-dire pas assez!

SOPHIE

Mais une maison fort achalandée !... Les frères Dondaine sont très-connus!

10 SCtNE II.

ÉLISA

Dondaine?... tu dis Dondaine?.,. mais c'est bien ce nom-là que mon oncle voulait me faire épouser !

SOPHIE

Un Dondaine !... sans doulc Joachim, le frère do Ferdinand.

ÉLJSA.

Alors, ne me nomme pas !... ne dis rien à ton mari, et si je puis même éviter ses regards pendant deux ou trois jours !

SOPHIE

C'est facile, voilà ta chambre !... avec un autre escalier, personne n'j' entre jamais que moi... tu pourras choisir, parmi mes robes, mes chiffons, en attendant les tiens !

Aia de VoUaire chez Ninon.

Car j'en ai plus que je ne veux; Mon mari, je ne puis le taire, Sur ce point comble tous mes vœux.

C'est une indemnité, ma chère, Je suis loin de la mépriser.

Pourtant c'est trop peu, je suppose; Dès qu'il faut nous iniiemniser, C'est qu'il nous manque quelque chose.

SOPHIE

On monte l'escalier!... C'est lui sans doute!...

ÉLISA

Au revoir, j'entre dans mon asile.

scsNi: II.

FERDI^AN'D, SOPHIE.

FEBDiNAND, cntr'md'mut la jwrie.

C'est moi, bonne amie!

SCliNE II. il

SOPHIE

Ah! TOUS voilà, monsieur?

FERDINAND

Monsieur !... le terme est froid !... Pourquoi no m'iippelles-tu pas Ferdinand?

SOPHIE

Qu'est-ce que vous venez faire ici?... votre frère n'aurait qu'à vous voir, vous seriez grondé!

FERDINAND

Mon frère est sorti, et je me suis échappé du magasin pour venir le dérober une faveur!

SOPHIE

Vous ne me déroberez rien !

Un baiser! un petit baiser!

SOPHIE

Ne comptez pas là-dessus !

FERDINAND

Tu repousses ton petit mari?

SOPHIE

C'est ça! vous êtes mon mari quand nous sommes seuls, et en face du monde vous me reniez pour votre femme. Ferdinand,

Je ne te renie pas... oh ! Dieu ! mais je dissimule nos liens... et tu connais mes motifs !

SOPHIE

Votre frère, n'est-ce pas?

FERDINAND

Oui, Joachim, mon grand frère ! il destinait ma main à une autre, et il ne me pardonmrait de sa vie ! SOPHIE.

De quoi se méle-t-il?... Est-ce que ça le regarde?

li SCENE II.

FERDINAND

Ecoute donc, il est mon aîné.,, il a quarante ans!

SOPHIE

Eh liicn! et vous?

FERDINAND

Moi, je n'en ai que trente-huit!

La belle différence !

FERDINAND

C'est lui qui me corrigeait quand j'étais petit!... aussi, je le vénère... c'est un homme qui a tant de moyens !

SOPHIE

Lui !... je le trouve très-bête!

FERDINAND

Bête! mon frère Joachim!... il est plein d'esprit!.., il aurait pu inventer les chemins de fer, si l'idée lui en était venue !

SOPHIE

Tenez, vous êtes d'une faiblesse qui n'apasdenom... et c'est moi qui en souffre... on me jette la pierre, je passe pour une... oh! j'en rougis... j'en baisse les j'eux!

FERDINAND

Tu les baisses, mais tuas le droit de les relever... Voilà ! tu en as le droit !

SOPHIE

Je ne veux plus rester comme ça, c'est impossible ! et j'exige que vous lui déclariez notre mariage aujourd'hui même!

FERDINAND

Sopilic, on t'a monté la tête !

SCEJNE II. 15

Ofi se lasse à lu fin ! et si vous ne lailes pas ce que je vous demande... c'est que vous ne m'avez jamais aimée !

FERDINAND

Moi , ne pas t'aimer! mais je suis fou de toi , je suis idiot de toi... je n'ai de plaisir qu'à te voir.

SOPHIE

Oh!

FERDINAND

Et à faire ma partie de dominos, le soir, au café Vachette !

SOPHIE

Vous vous amusez, vous?

FERDINAND

Pas beaucoup !... j'ai toujours le double six !

SOPHIE

Au surplus , si vous me refusez , c'est moi qui dirai tout à votre frère.

FERDINAND

Je ne te demande plus que huit jours !

SOPHIE

Je vous donne deux heures !

FERDINAND

Laisse-moi du moins préparercette péripétie !... Va, je serai fier de te proclamer mon épouse... et je te proclamerai !

SOPHIE

Quand ça ?

FERDINAND

Trcs-incessamment !

SOPHIE

Aujourd'hui ?

U SCENE i!.

FERDINAND

Je ferai en sorte !

SOPHIE

Jurez-le moi !

FEUDiNAND.

Je ferai en sorte !

SOPHIE

Prenez garde, Ferdinand, si vous me trompez, je suis capable des choses les plus répréhensibles !

FERDINAND

On t'a monté la tête!

SOPHIE

Enfin, tenez-vous pour averti.

Air :

Non, plus de mystère.

FERDINAND

Je cède à tes vœux,

Pour le plaire, Car tu me fais, faire Tout ce que lu veux.

Chez nous c'est l'usage, Mais pour me donner du courage, 11 me faut un gage El je le prendrai.

(Il l'embrasse.)

ENSEMBLE

Ah! ah! ah! ah! ah ! ah !

SOPHIE

A voire promesse Ne manquez jamaif Par faiblesse, (1)S. F.

Ah!.

SCtiNE III.

Ou, je le confesse, Jft me vengerais.

Craignez ma colère.

FERDINAND

Mais pour le venger, ma chère.

Que pourrais-lu faire ?

SOPHIE

On vous l'apprendra.

FERDINAND, par^é.

ENSEMBLE

Ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! ah .'

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