‹ Les Frères Trois-PointsChapitre 8 sur 189 · L'INSCRIPTION DU 3«»* PANNEAU A GAUCHE · texte numérisé non relu

L'INSCRIPTION DU 3«»* PANNEAU A GAUCHE

Quand on vint me chercher pour me faire subir les épreuves ordinaires du rituel, les Frères qui me dcli-

vrèrcnt du cabinet des réflexions ne songèrent point à examiner en détail les objets funèbres qu'on m'avait gracieusement laissés en lête-à-tete; ils se contentèrent de prendre mon testament, que l'on piqua à la pointe d'une longue cpée en fer battu. Tout le reste était parfaitement en place : la tête de mort, au bout de la table, continuait à avoir son air narquois, et un simple coup d'œil suffisait pour constater que, récipiendaire jprobe et délicat, je n'avais commis aucun détournement de squelette et n'emportais pas le moindre tibia dans mes poches.

Ce fut seulement quelques jours après, qu'un autre profane, admis aux épreuves et enfermé dans le même petitlocal, signala aux Frères Servants le méfait, découvert par lui à la suite d'un examen prolongé et méditatif de la tête de mort. Les Frères Servants, consternés, firent part, à leur tour, à l'autorité compétente, de ce flagrant manque de respect à la majesté du Grand Architecte : la difficulté était de trouver le coupable. Sans doute, on fit une enquête ; mais il n'y a pas qu'un cabinet des réflexions à THôtel du Grand-Orient ; on reçoit, des fois, jusqu'à cinq profanes ensemble à une même Loge. Et puis de quelleépoquedataitrinscription ironique? combien de récipiendaires avaient pu passer dans le petit local sans remarquer cet appel irrespectueux à la correction de la faute d'orthographe du troisième panneau ? pouvait-on même se rappeler exactement quels avaient été les profanes claquemurés dans ce réduit ?

Bref, les Frères Servants rassemblèrent tant bien que mal leurs souvenirs ; d'autre part, on observa avec soin en loges les Frères dont la tenue indiquait le moins de convictions maçonniques ; et je fus au nombre de ceux sur qui pesèrent les soupçons. Néanmoins, je bénéficiai pendant longtemps de l'incertitude qui régnait dans les

esprits des Frères Servants, et mon crime originel ne me valut jamais une inculpation directe, mais seulement des allusions à mots couverts, allusions que je faisais semblant de ne pas comprendre.

Aujourd'hui, n'étant plus tenu à la même prudente réserve, j'avoue ma profanation de la tête de mort du petit local ; que les simples soupçons, dont j'étais alors l'objet, se changent donc, aux yeux des membres du Grand-Orient, en certitude absolue !

Les travaux secrets du Comité Spécial, chargé de l'instruction de l'affaire des lettres Victor Hugo et Louis Blanc, furent terminés vers la fin de septembre.

Voici la dernière lettre que je reçus de ce Comité :

Sous les Auspices du Grand-Orient de France.

TEMPLE DES AMIS DE L'HONNEUR FRANÇAIS

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