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HOLLANDE. — PEINTRES. LES VAN OSTADE

LES ARTISTES CÉLÈBRES

tères de la race et de l’époque, à peine spécialisés, ici et là, par ce que peuvent donner de précieux, à un peintre de la nature, la délicatesse et la grâce du sentiment. Au surplus, cet antagonisme entre ses tendances intimes et l’autorité de l’atmosphère ambiante ne transparaît guère dans son œuvre, et s’il n’a pas toujours l’aplomb tranquille, l’admirable placidité, la maîtrise imposante d’Adriaan, il semble cependant très à l’aise dans son art et sûr de lui : sa poésie n’est qu’une nuance, une flamme, un reflet charmant qui effleure sa peinture et l’enchante. Il la laissait se découvrir ainsi inconsciemment, et le fait de ne l’avoir point combattue n’est-il pas un indice de sagesse? Il suivit son inspiration comme son frère suivait la sienne, sans fièvre et sans trouble.

Avec les qualités sérieuses de l’aîné, avec celles, plus fines, du cadet, l’œuvre des frères Van Ostade se détache unitaire et harmonieux, sans recherche de signification trop quintessenciée ou trop subtile, mais avec une grande sérénité où se résume la plus claire formule de l’idéal de leur temps : rendre exactement et parfaitement des scènes prises à la réalité vivante et les interpréter selon son goût propre, sans jamais se laisser défigurer ou corrompre par aucun emprunt étranger.

Ce tact infaillible, cette constance à ne point essayer de faire différemment que leur instinct ne les poussait à faire, ni plus grand que la mesure de leur talent ne leur permettait de le faire, constituent peut-être leur meilleur titre de gloire : ils furent supérieurs dans un genre de second ordre et eurent assez de raison pour ne point s’exposer à déchoir en s’attaquant à des sujets trop compliqués pour eux ou qu’ils ne connaissaient pas bien.

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