LE JEU DE QU II. LES
Tableau d’Adriaan Van Ostade. — ( Bridgeivatev Gallery.) (Smith, t. 1°'-, p. i3g, n° 1 1 5 , et t. JX, p. gS, n° )
portant ces noms, il fut convaincu d’avoir sous les yeux la preuve de la naissance hollandaise des deux maîtres.
S’il eût hésité encore, un acte notarié recueilli dans le registre des Transferts de biens, meubles et immeubles, et d’où la proche parenté des Van Ostade avec Jan et Lijsbeth Jansz ressort indiscutable, aurait eu raison de ses derniers doutes. En voici la teneur :
« Aujourd’hui comparut devant nous, Jacob Schoudt, notaire public près la Cour de Hollande, et demeurant en cette ville de Harlem, en présence des témoins ci-après
LES ARTISTES CELEBRES
désignés : Jan Ostade, autrefois boulanger, exerçant aujourd’hui la profession de tisserand de toiles, demeurant en cette ville et à nous connu. Il déclara céder en pleine propriété, non seulement comme garantie mais en payement des deniers que Lijsbeth Jans et Adriaan Ostade, sa sœur et son frère, lui ont payés ou avancés tant pour loyer que pour autres nécessités, tous ses biens et meubles, comme il est mentionné et spécifié dans l’inventaire ci-joint, aux mêmes frère et sœur; laquelle Lijsbeth Jans comparut aussi devant nous et accepta en son nom et en celui de son
frère, Adriaan Ostade. Le dit comparant leur donna le droit de jouir des biens susnommés comme de leur propriété, car il se déclara entièrement payé dudit transfert, et se désista de toute action ultérieure, reconnaissant, de plus, n’en rien posséder ni employer sans l’assentiment de ses frère et sœur, et seulement à titre de prêt; le tout, fait de bonne foi.
« Fait à Harlem, le dix-neuf Décembre, l’an seize cent cinquante, en présence de Johannes Aker et de JanPieters Leyenaar, comme témoins de ce contrat. »
Suit la nomenclature des biens ce'dés et, sur l’inventaire des pauvres meubles de ce boulanger devenu tisserand, figurent dix à dou\e petits tableaux; c’est une singularité piquante qui montre bien que maître Jacob Schoudt avait affaire ici à une famille de peintres, car, pas plus que ceux de ce temps-ci, les boulangers de ce temps-là, à moins qu’ils n’eussent des artistes dans leur parenté, n’avaient coutume de collectionner les tableaux. On y désigne les contractants, tour à tour et indifféremment, sous les noms de Jans{, de Ostade , Ostaden, Van Ostade et Jans q van Ostade. Il est donc certain qu’Adriaan et Izaak Jans^, dits Van Ostade, étaient frères de Jan et Lijsbeth Jans%, enfants, comme eux, de Jan Hendricx et de Janneke Hendriksen. Dans le registre des Baptêmes sont encore mentionnés : Mayke, Gijsbert , Esther et Cathelintje, tous issus de ce couple dont je crois l’origine suffisamment démontrée.