‹ Les frères van OstadeChapitre 6 sur 48 · LA CHANTEUSE · texte numérisé non relu

LA CHANTEUSE

Eau-forte d’Adriaan Van Ostade. — (Bartsch, n° 3o.)

beaucoup d’émigrations de Néerlandais chassés de leur pays par les persécutions religieuses, qui avaient fait de ces belles provinces, selon l’énergique expression d’Erasme : une carnificine ; les émigrations de protestants, quittant l’Allemagne pour la Ne'erlande, à la même époque.

LES ARTISTES CELEBRES

sont exceptionnelles et auraient été, du reste, bien moins logiques puisque ceux-là auraient quitté, pour une contrée hostile à leurreligion, une contrée qui lui était bienveillante.

On ne connaît pas la profession exercée par le père des Ostade, mais on a tout lieu de croire qu’il était tisserand, comme l’étaient , à cette époque, la plupart des habitants de son village; comme le fut, nous venons de le voir, après un malencontreux essai de boulangerie, son fils Jan, qui semble lui avoir succédé dans les affaires, et le fils de celui-là; un autre fils de Jan Hendricx exerçait, en Zélande, une profession équivalente à celle de nos modernes marchands-commissionnaires. Le mariage de sa fille aînée, Mayke, avec un certain Barent-Bosvelt, de Waerendorp1, qui remplissait la fonction de secrétaire de la ville de Harlem, prouve que la famille occupait un rang honorable dans la société; ce qui le prouve aussi, ce sont les funérailles très décentes faites à Jan Hendricx et à sa femme : le registre des Décès renseigne, à la date du 20 mai 1640: « Une ouverture de tombeau au cimetière Sainte-Anne, pour l’épouse de Jan Hendricx. 2 fl. » Et, au 24 août 1641 : « Une ouverture de sépulcre en l’église Saint-Bavon, pour Jan Hendricx. 2 fl. »

Adriaan et Izaak résidèrent constamment à Harlem ; ils y accomplirent tous les actes importants de leur existence : en 1 636, le frère aîné, déjà reçu maître, faisait partie de la garde civique, dans la Compagnie nommée: Onde scluiti'2. La même année le voyait admis dans la vieille Confrérie des arbalétriers. En 1 638, le 26 juillet, il y épousait, « par devant échevirs, Machtelgen Pietersen, jeune fille ». Elle y mourait quatre ans plus tard, le 27 septembre 1642, et Adriaan Van Ostade ne tardait pas à se remarier, non avec la fille du paysagiste mariniste Van Goyen, comme on l’a cru, mais avec une demoiselle dont on ne connaît que les initiales : N. N.

Cette dernière s’éteignit à Harlem le 24 novembre 1666, et son mari lui fit de superbes funérailles qui montèrent à quarante florins, somme considérable pour l’époque U II était entré comme membre dans la Gilde de Saint-Luc en 1 636 ; en 1662, il en était président, pour Harlem. On a l’indication des quartiers où il habita : en rôSy, nous le trouvons dans

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