‹ Les frères van OstadeChapitre 9 sur 48 · BOULANGER SONNANT DU COR · texte numérisé non relu

BOULANGER SONNANT DU COR

Eau-forte d’Adriaan Van Ostade. — (Barlsch, n° 7.)

Witzen a, depuis, achetés avec quelques autres de Ballem, pour le prix de treize cents florins. »

Que ces dessins aient été faits, cela n’a rien d’impossible; on accueillerait plus difficilement l’assurance qu’ils ont été faits à Amsterdam; quant à la fuite d’Adriaan, abandonnant ses foyers par crainte de la guerre, elle est invraisemblable : en 1662, la sécurité des habitants de 1. Schouburgh d. Kcderlantsche Kohstscliilders en Schildercssen.

LÈS artistes célébrés

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Harlem ni celle de leurs biens ne couraient aucun risque; la Hollande était en paix et ne redoutait pas les entreprises de la France. L’invasion des armées de Louis XIV n’eut lieu qu’en 1 672 : or, Adriaan Van Ostade, fût-il d’une poltronnerie excessive, ne pouvait prévoir cela de si loin, et c’est se garer trop tôt d’un danger que de s’en garer dix ans à l’avance.

Au surplus, nul document, nul fait connu n’autorise à supposer qu’il se serait expatrié alors, et il ne s'expatria certes pas davantage en 1662, car des notules de la Confrérie de Saint-Luc établissent qu’il remplissait à Harlem, en cette année-là précisément, la fonction de président de la Gilde et qu’il n’y fut point remplacé.

Meme inexactitude d’Houbraken et de tous ceux qui se sont inspirés de son ouvrage, quant à la mort du peintre survenue, selon eux, à Amsterdam , le 27 avril 1 6 8 5 . Van Ostade a, effectivement, rendu l’âme à cette date, mais à Harlem, et dans sa maison.

Le 2 mai, on demandait pour son corps une ouverture de tombeau en l’église de Saint-Bavon, « nef du milieu, n° 44 », et ce billet d’enterrement était adressé à ses confrères, de la part de la Gilde :

« Vous êtes prié d’assister mercredi, le deux Mai, à deux heures précises de l’après-midi, à l’enterrement d’Adriaan Van Ostade, rue dite Nieuwe Kruysstraat.

« Entrer comme ami dans la mortuaire, vêtu du long manteau.

« Eglise Saint-Bavon 1 ».

Peu de temps après, ses héritiers livraient aux enchères les objets d’art qu’il avait possédés; l’annonce suivante parut dans le Haarlemsche Courant des 19, 23 et 28 juin 1 685 :

Le 3 juillet et jours suivants on procédera à la vente, à Harlem, de tous les objets d’art appartenant à la succession de feu Adriaan Van Ostade, consistant en plus de deux cents tableaux de sa main et un grand nombre d’autres de différents maîtres; toutes ses planches gravées (cuivres), ainsi qu’un grand nombre de gravures, de dessins, etc., tant de lui que d’autres maîtres et dont il est fait mention dans les affiches.

Cette vente faite à Harlem, la demande d’une ouverture de tombeau à l’église de Saint-Bavon, l’envoi des billets d’enterrement qui convient

i. « Gc billet se trouvait, nous apprend M. van der Willigen, à la vente de M. H. de Kat, à Rotterdam, en 1867. Il fut acquis à raison de 19 florins, par M. Clément, de Paris. »

LES FRÈRES VAN OSTADE ar

ses amis à se réunir « à la mortuaire », voilà plus qu’il n’en faut pour certifier qu’Adriaan Yan Ostade mourut et fut inhumé à Harlem et que les déclarations d’Houbraken sont ici fort aventurées.

Il n’a pas été moins léger en parlant du jeune frère d’Adriaan, Izaak, qu’il fait aussi mourir à Amsterdam, où cet artiste aurait été

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