‹ Les fresques de BoscorealeChapitre 2 sur 19 · Héron de Villefosse, op. cil., fond. Piot, 1896 et · texte numérisé non relu

Héron de Villefosse, op. cil., fond. Piot, 1896 et

3. E. Pernice, Archaeolog. An^eiger, 1900, n. 4, p. 177 à 198.

4. Des fenêtres de la maison, on devait voir, d’un côté, au bas de la colline, la petite ville de Pompéi, et au loin presque tout le golfe de Stabia ; de l’autre côté, le Vésuve, alors couvert de vignes.

A. Samhon. — Boscoreale. A.

AVANT-PROPOS

Par un raffinement de luxe, que les conquêtes des Romains en Asie avaient répandu , les peintures qui ornaient les murs de cette villa somptueuse n’avaient peut-être pas leurs égales dans bien des palais de Rome.

Nous ignorons le nom du riche patricien qui avait fait bâtir cette maison d’agrément ; mais les monuments font supposer qu’il était passionné de musique et aussi des jeux de la palestre ; plusieurs peintures font allusion à des concours d’athlètes et de musiciens, et sur une paroi on voyait même la table des jeux chargée de prix, de couronnes d'or et de bandelettes agonistiques ' .

Barnabei 2 3 et Sogliano 1 ont recherché avec une rare patience tous les documents qui pouvaient jeter de la lumière sur l'histoire de celte maison : un précieux graffito nous apprend que la villa avait été vendue aux enchères le 9 mai de l’an 12 de notre ère, sous le premier consulat de Germanicus 4 * : une mesure de capacité, trouvée à côté dans la villa rustica, portant le nom de P. Fannius Synistor \ avait fait d’abord penser que le dernier propriétaire s’appelait ainsi; mais un cachet de bronqe découvert plus tard dans une des chambres suggéra un autre nom, celui de Lucius Herennius Flonis.

Sur une tablette en pierre, cachée sous le plâtre, on a lu le nom du constructeur de la villa, MARIO S"RVCTOR, accompagné de l’outil, la truelle, qui symbolise son métier. Au moment de la catastrophe, la maison était en réparation ; elle avait probablement souffert du tremblement de terre de l’an 6 ] , qui fit tant de dégâts : on refaisait la salle de bains, on transformait les chambres à coucher. Seule la villa rustica était habitée ; partout ailleurs, on avait enlevé meubles et menus objets. Dans le péristyle, on a trouvé un socle de marbre dépourvu de sa statue 6.

Les peintures appartiennent à deux époques différentes : les plus anciennes (architecture sévère, imitations de marbres précieux, panneaux à grandes figures') datent probablement des pi entières

1. F. Barnabei, La villa Pompeiana di P. Fannio Sinistore , Rome, 190!» P- 27- Les emblèmes agonistiques sont indiqués dans le péristyle avec une telle profusion et tellement en évidence qu il est difficile de les attribuer simplement au caprice de l’artiste.

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