Barnabei, op. cit. Voyez le plan de la maison
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années de notre ère; d’autres, où dominent déjà le rococo et l’horreur du vide, sont certainement postérieures à la vente du 9 mai de l’an 12 de l’ère chrétienne. Nous voyons dg.ns ces dernières des perspectives surchargées, mais les fantastiques et capricieuses envolées, si sévèrement blâmées par Vitruve, ne s'y trouvent pas.
Il n est pas besoin de rappeler quel a été le rôle des peintures pompéiennes. L’ archéologue et l’historien y trouvent les meilleurs éléments pour la reconstitution du mobilier, des produits de l’art industriel, F explication de la religion et des coutumes du peuple romain, l’ illustration par l’image des œuvres littéraires des derniers siècles avant J.-C ■ et du premier de notre ère; l’artiste y saisit le souvenir des chefs-d’œuvre de la peinture grecque, quelquefois même des créations originales, on dirait des éclats de génie des artistes alexandrins. Les peintures de la villa de Lucius Herennius Florus comptent parmi les plus intéressantes à tous ces points de vue; 1 enseignement qu’on y puise et ! admiration qu’elles suscitent sont considérables ' ; le côté artistique prime naturellement.
« Les figures puissantes de Michel-Ange, — les créations hardies du Corrège, —
1 architecture de Carpaccio, des Bellini ! » Telles et maintes autres exclamations traduisent l’impression de ceux qui ont écrit sur ces peintures, archéologues et artistes : Barnabei, de Petra, le prince Odescalchi, Cavenaghi, di Giacomo, etc. Et, en effet, ces peintures sont le reflet de cet art alexandrin, si spirituel et si sentimental, dont la franchise fait pressentir l’éclosion de bien des qualités artistiques du XVe et du XVIe siècle.
Jusqu ici I art alexandrin n a pas été 1 objet d’une étude suivie ; il ne faut pas s’arrêter à la masse, d’objets médiocres qui appartiennent à la longue et fatigante décadence de cet art sous l’empire romain, mais à la force créatrice des artistes de la grande époque ptolémaïque, le IIIe siècle av. J.-C., pendant le renouveau littéraire et la floraison de cette exquise poésie pastorale, dont nous retrouvons l’écho dans plus d’une peinture de Boscoreale. Vers ce temps, 1 art de la Grèce s’éteignait dans une lente décadence; celui delà Grande-Grèce, après un court relèvement, tombait à son dernier échelon : une préciosité insipide; celui des Etrusques était depuis longtemps insignifiant ; ailleurs l’art italique ne s’ était jamais affirmé. Ce fut dans cette atmosphère appauvrie ou barbare que peu à peu arrivèrent, comme des rayons de
1. M. de Prisco a le mérite d avoir sauvé ces peintures. La saison des pluies allait commencer, et les décoîations de la villa, à dix mètres de profondeur, auraient été sûrement submergées si le député de Boscoreale n eût résolu de les faire enlever, malgré les frais énormes et les difficultés suscitées par l’Administration des Beaux-Arts. On sait que la précieuse figure du Samo, trouvée par M. Matrone, a été détruite par les eaux.
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soleil, les produits de l’art alexandrin : les figurines en bronze, en argent, en terre cuite, d'un réalisme frappant, et néanmoins empreintes d’un sentiment fin et délicat : les peintures si humaines souvent si spirituelles, la vaisselle d’argent enjolivée par une ornementation qui n’a jamais été surpassée. C’était l’esprit moderne qui commençait à poindre. Les Romains restèrent longtemps sous le charme de cette importante renaissance artistique, et les peintures de Pompèi, jusqu’au premier siècle de notre ère, en sont l’écho le plus fidèle.